Les brasseries

 Les brasseries

Devant une brasserie, chariot de livraison. Doc. Terres Ardennaises (Collection Hardy).

Sans brasserie, pas de cafés, pense-t-on en toute logique. Dans l'ouvrage "La bière en Ardenne et en Champagne" édité par les Editions Terres Ardennaises, Thilay figure dans la liste des communes brassicoles de Champagne-Ardenne depuis 1890. A cette date, la vallée de la Meuse était surnommée la "vallée de la bière".

Pourtant, ni céréales (sauf un peu de seigle), ni houblon sur place, mais la présence d'une concentration industrielle exceptionnelle entraînait une clientèle nombreuse et stable. Ainsi, 4 brasseries étaient recensées à Braux et à Thilay, 5 à Monthermé, 6 à Château-Regnault et 7 à Revin. La bière était considérée comme une boisson populaire, "prolétaire" et bon marché.

Dans l'ouvrage sur les Ardennes paru aux Editions du Bastion, une enquête sénatoriale réalisée en 1886-87 mentionne une consommation moyenne par tête de 28 I de vin, 7 I de cidre et 167 I de bière. Le nombre de débits de boissons était de 5745. Les cas d'ivresse étaient de 580, soit 174 pour 100 000 habitants. Qu'appelait-on cas d'ivresse ?

Peu après 1900, la consommation moyenne par habitant avoisinait 140 litres par an dans les Ardennes, alors que la moyenne nationale était de ...40 litres. Certes, la bière était faiblement alcoolisée (entre 2 et 3 degrés), mais elle s'ajoutait souvent au vin et aux alcools forts. Elle était consommée à la maison, mais surtout chez les "débitants"; un café pour 40 à 60 habitants existait dans la moitié nord des Ardennes.

De 1878 à 1887, une école de brasserie exista à Balan. Parmi les 44 élèves de la promotion, 32% provenaient de Belgique, 23% du Nord, 9% d'Algérie et .... aucun Ardennais.

De 1900 à 1913, la consommation de bière augmenta régulièrement dans notre région. Le prix de l'hectolitre était de 13 à 16F pour les débitants, tandis que le vin valait au moins le double.

En 1939, suite à de nombreuses fermetures, il ne subsista que 56 brasseries dans notre région dont 47 dans les Ardennes. La plupart des brasseries avaient été endommagées, détruites ou démontées entre 1914 et 1918, tout le matériel étant récupéré et emmené par l'occupant (chaudières, réfrigérants, tuyaux, chevaux, chariots et tonneaux). Le conflit mondial 1939-1945 n'a rien arrangé à la situation de nos brasseries.

  Coup d'oeil sur la vie populaire de 1850 à 1960 (Article de Jean Rogissart).

"Avant 1900, sauf dans les pays à cidre, sur la table ouvrière, on ne voyait guère que de l'eau. Pourtant, quelque famille un peu aisée avait encavé une demi-caque de bière plate, dite bibine, que fabriquaient exclusivement à fermentation haute les brasseurs locaux, très nombreux alors. On la buvait jusqu'à la dernière goutte, jusqu'aux levures qui se déposaient dans le fond, jusqu'aux fleurettes dont elle se couvrait en fin de tirage. Elle aigrissait vite. Les moins au large se la procuraient chez le cabaretier à quatre sous la canette d'un litre ou par pots de deux litres payés 8 sous : ce n'était pas une économie, il s'en faut. En été, au retour de leur longue journée de travail, les ouvriers de la vallée de la Meuse et de la Semoy émiettaient dans un grand bol de cette bière bien sucrée des tranches de pain rassis. Mise à refroidir à la cave, cette émiée étanchait radicalement la soif. L'hiver, on y plongeait un tisonnier rougi par le feu : bière ferrée utile contre la toux."

Extrait de l'ouvrage "Ardennes, Richesses de France" édité en 1960.

  Liste des brasseries de Thilay inscrites dans l'Annuaire Administratif Commercial et Industriel du département des Ardennes de 1870 à 1936 (Document communiqué par Dominique Mariage) :

STEVENIN   1871

STEVENIN Nicolas   1872 à 1876

STEVENIN-LAURENT    1877 à1882

STEVENIN     1885 à 1891, 1893 à 1914

RENAULTJB (Regnault )   1871

RENAULT JB   1872 à 1876

RENAULT Nicolas et Cie   1877, 1879 à 1882

RENAULT Nicolas   1878

RENAULT   1885 à 1914, sauf 89,92,96

ALEXANDRE CERCELET   1880 à 1882

ALEXANDRE   1885 à 1909, 1912 à 1914

ALEXANDRE-RENARD   1910, 1911

ALEXANDRE   1921 à 1924

ALEXANDRE et BLAISE   1925, 1926

BLAISE   1927,  1930 à 1932, 1936

BLAISE ET MANTEAU   1928,  1929

GERARD    1908 à 1911

Veuve GERARD   1912 à 1914

 

Thilay

La brasserie Alexandre située rue Eva Thomé, côté droit peu avant le carrefour du Baquet.

Sur le cadastre établi en 1830 par le géomètre Ludinart, la construction figure déjà. La façade de ce vaste bâtiment mesure 25 m et elle est en retrait de 15 m par rapport à l'alignement des autres façades de la rue.

Le "Grand Victor", comme disaient les gens du village, dirigeait la brasserie. Celle-ci était située entre deux habitations : côté village, la maison du patron et de l'autre côté, celle du brasseur. Père de deux filles, Alexandre cessa son activité quelques années avant 1940. (Il fut chef de corps des pompiers de Thilay à l'époque de la "pompe à bras".)

René Pozzi réside dans une maison ayant appartenu à la famille Alexandre. Il a conservé dans son grenier les "grands livres" et les cahiers de comptes de la brasserie. Soigneusement rédigés à la plume depuis 1879, ces documents en parfait état indiquent l'identité des clients, leur lieu de résidence, leur profession et même leur surnom, sans doute pour faciliter les livraisons.

Avant son veuvage, Louis Victor Alexandre fut marié à Céline Marthe Renard. L'entreprise lui avait été attribuée par son père Louis Emile (lui aussi brasseur) le 30 avril 1908. Précisons qu'autrefois, le prénom usuel était très souvent le deuxième prénom déclaré à l'état civil. Ainsi, Victor était le fils d'Emile.

Avant 1920, l'entreprise ne fabriquait que de la bière (0,68F le litre) conditionnée en "quarts" de 50 I ou en "caques" de 100 I (tonneaux). Pour permettre l'activité brassicole, plusieurs puits importants avaient été creusés sur le site. Après 1920, l'entreprise diversifia son activité par la vente de charbon : braisettes, criblé, yorkshire, boulets et gailletin (charbon de calibre moyen) étaient livrés sur toute la vallée de la Semoy ainsi qu'aux Woiries et sur la vallée de la Meuse jusqu'à Levrézy. Ces livraisons s'effectuaient à cheval, ainsi que l'attestent les dépenses en ferrage, harnachement, paille et avoine.

Sur l'impressionnante liste des clients figurent à la fois particuliers, débitants, gérants de magasin, artisans, industriels, douaniers, docteurs, instituteurs et curés.

Selon Henry Bonnefoy, "après la fermeture de la brasserie, les locaux libres furent réservés aux amateurs de théâtre. La Société de musique y organisait, le samedi et le dimanche, des représentations avec scénettes humoristiques jouées par des artistes locaux : René Pigeot et sa fille Monique assuraient avec brio la partie chant. Ils étaient accompagnés au violon par le couple Georges Badré. La salle du premier étage où se déroulaient ces divertissements était comble et les acteurs très applaudis".

Christiane Sauvage se souvient également de Georges Badré, frère de René le chef de musique, qui chantait en duo avec son épouse Simone alors couturière dans les Paquis avant d'habiter rue de la Roche. Marcel Bozier jouait de l'instrument.

Marcelle Gilles, née en 1920, revoit comme si c'était hier la scène, les bancs, les bâtiments vieillots et le public thilaysien avec les rires et les applaudissements. Une chanson mentionnait notamment : "Les rêves sont des bulles de savon..." Des séances de cinématographe muet eurent lieu dans cette ancienne brasserie. Un phonographe assurait la partie musicale.

Quant à Yvette Delloux, née en 1932, elle a participé dans ces locaux à un Noël des écoles juste avant l'évacuation. Elle y avait reçu en cadeau une petite grenouille en métal et elle eut une .peur bleue du Père Noël. Affolée, Yvette n'avait pas reconnu son père dissimulé derrière une imposante barbe blanche.

Précisons aux jeunes générations qu'à cette époque, le village ne possédait pas de salle  des fêtes. Une salle communale a par la suite  été   aménagée   au   rez-de-chaussée de la mairie actuelle.

Vieux souvenirs de voisinage : la brasserie

"Dans cette grande bâtisse, je n'ai aucun souvenir d'une activité de brasserie : c'était la demeure de Victor Alexandre qui, si j'ai bonne mémoire, vivait seul à l'époque de mon enfance. Toutefois, une partie assez grande de cet immeuble permettait quelques activités festives. Je me souviens que Daniel, mon frère (qui était né en 1927) s'est produit sur scène, avant guerre - peut-être en 1937- lors d'une fête des écoles.

Comme autre souvenir, je revois, tout près de la rue et au milieu de la propriété, un grand et robuste tilleul. Très souvent, Victor était assis sur son banc, sous cet arbre. Il engageait volontiers la causette avec les passants. Autre souvenir : Maman demandait chaque année à Victor l'autorisation de récolter du tilleul pour réaliser des infusions pendant l'hiver, infusions destinées à calmer la nervosité de ses enfants ! Victor, en bon voisin, donnait toujours son accord.

Par ailleurs, durant ce que l'on a appelé la "drôle de guerre", donc entre septembre 1939 et mai 1940, la récupération des vieux métaux était préconisée. La défense nationale commandait de récupérer tout ce qui pouvait être utile à la défense du pays. Les habitants venaient déposer leurs vieux objets métalliques, assurément avec son accord, sur le "devant de porte" de Victor, derrière le muret en vieilles pierres qui courait sur une partie de sa propriété. Là aussi, si ma mémoire ne me trahit pas, lorsque nous sommes rentrés, en mai 1941, après un séjour à Barbâtre, il n'y avait plus rien derrière le muret. A qui ont servi ces métaux ? ? ? Je n'ai pas de réponse. "

L'auteur de ce témoignage est Roger Boule, né en 1930 à Thilay. Le grand tilleul est visible sur les cartes postales anciennes de la "Grand-rue".

Les bâtiments et le terrain de la brasserie Alexandre furent rachetés ultérieurement par Stéphane Pozzi et son épouse Rosa née Puricelli en 1903 avant d'être divisés en plusieurs lots au sein de la même famille.

O Brasserie Manteau-Viéville. Cette en­tête ne mentionne ni l'adresse ni l'époque. Avis aux amateurs d'histoire locale...

O Nohan-sur-Semoy

  Brasserie Blaise

Gaston Blaise, arrière-grand-père de Jean-Michel, avait trois fils, Georges, Maurice et Louis ainsi que deux filles. En 1905, il attribua à Georges sa brasserie à Gespunsart et à Maurice la brasserie Gerard-Bayonet de Nohan qui existait déjà. Maurice, né en 1901, était le père de Gaston. Avant la guerre de 1940, le père de Jean-Claude et de Beaudoin Cagneaux ainsi qu'André Hudreaux et Edgard Mailfait travaillaient dans l'entreprise.

En 1948, Gaston épousa Madeleine Stringer des Hautes-Rivières. Jusqu'en 1960, il fut employé et sa sœur Marie-Madeleine gérante. En 1962, il racheta aux enchères la brasserie qui avait cessé de fonctionner depuis deux ans.

1948 : Gaston devant le camion de livraison. Ph. M. et G. Biaise.

1960 : Gaston Biaise et ses enfants devant la boulangerie Defossez. Ph. M. et G. Biaise.

A cette époque, trois camions assuraient les livraisons : Gaston livrait la Semoy après son travail, tandis que Léon Lespagnol livrait sur la vallée de la Meuse. Michel Sauvaqe de Naux a lui aussi été livreur en 1959.

 La brasserie

"La façade de cette petite brasserie cachée au creux de la vallée de la Semoy était caractéristique des brasseries agricoles du 19ème siècle. Rare dans les Ardennes, elle était surmontée d'un refroidissoir (sorte d'auvent au sommet de la toiture à deux pans." (La bière en Ardenne et en Champagne, de Ph. Voluer).

Ph. Philippe Voluer

Les vastes bâtiments de la brasserie ont été construits en schiste du pays, avec une robuste toiture en ardoises naturelles. Deux grandes caves et deux greniers complétaient la canetterie et la brasserie proprement dite. L'autre aile abritait la maison familiale et les écuries. Lorsque les camions de livraison ont remplacé les chevaux, le percement d'ouvertures a permis d'aménager le garage actuel.

Le matériel

•  Les deux fours maçonnés en briques.

•  Les deux chaudières en  cuivre  de  30  hl  chacune environ.

•  Le moulin à grain destiné à concasser l'orge.

•  La cuve à brasser et la cuve de fermentation pour la bière au rez-de-chaussée. Le refroidisseur permettait d'abaisser la température de la bière. L'eau chaude récupérée et envoyée dans un bac à laver permettait aux membres de la famille de faire leur toilette.

•  Bière   et   limonade   étaient   embouteillées   dans   la canetterie où un manège (tireuse) permettait le travail à la "chaîne".  Une laveuse automatique complétait l'équipement.

Les fours.

Les chaudières.

La tireuse.

 

Le refroidisseur.

Le moulin à grain.

La fabrication de bière ou de limonade exige une eau de très bonne qualité. Un seul puits assurait l'alimentation de la brasserie. Pourtant, 7 litres d'eau sont nécessaires pour fabriquer 1 litre de bière à cause du lavage, du filtrage et du refroidissement. Même en 1976, ce puits n'a jamais tari et il a même secouru la boulangerie et les usines du voisinage.

La bière fabriquée était une bière de table qui titrait environ 3,5 degrés. Elle était conditionnée en tonneaux de bois et en caisses de 10 bouteilles, elles aussi en bois. Les "12 trous" n'existèrent que plus tard avant d'être remplacées par des caisses en matière plastique.

Le houblon venait de Tchécoslovaquie sous la forme de fleurs séchées et pressées dans une toile de jute circulaire. Quant à l'orge, elle était achetée à Charleville.

 Le travail

A la brasserie, le travail n'était pas de tout repos. Dès 5 heures du matin, Edgard Mailfait allumait les chaudières. Pour cela, il fallait faire des navettes à la brouette, chaque briquette de charbon pesant 10 kg. Gaston assurait le brassage, secondé par Edgard. En un après-midi, il leur arrivait de remplir 300 caisses de 10 litres. Par temps de pluie, les caisses en bois stockées à l'extérieur étaient beaucoup plus lourdes.

Madeleine n'était pas en reste et n'hésitait pas à prêter main forte malgré les tâches familiales,

Gaston a commencé à fabriquer de la limonade en 1952 après le décès de son père. Une tasse de sirop était versée dans chaque litre à l'entonnoir. Ce sirop provenait de la région lilloise en fûts de 100

litres.

De 1986 à 2006, Jean-Michel a poursuivi la fabrication de la limonade. Vers 1992, Jean-Michel et son épouse Marie-Claire ont aménagé un local d'exposition dans l'une des superbes caves voûtées, où les clients du "Chai de la Semoy" venaient déguster (avec modération...) toute une gamme de bons vins. La proximité de la frontière permettait alors à une fidèle clientèle belge de compléter la clientèle locale.

Gaston Biaise, né en 1926 dans la brasserie de Nohan, n'a jamais quitté le hameau. Gaston et Madeleine ont eu 6 enfants (2 garçons et 4 filles). Retraités dans la Grand-Rue, ils conservent précieusement les souvenirs de leur brasserie, tels que des bouteilles gravées au nom de Maurice Biaise.

O  Brasserie Renault

Entre 1800 et 1850, Jean-Baptiste Renault (né en 1794) et Jean-Nicolas Hubert Renault, frères et tous deux gendres de la famille Dominé à des degrés différents, apparaissent l'un et l'autre comme "brasseurs" à Nohan sur les anciens actes d'état civil.

La brasserie se situait au bord de la Semoy, à hauteur du "renfoncement" entre les maisons de M. Daniel Dumay et de celle de son neveu. Danièle Vallet conserve en mémoire la lettre R qui ornait l'imposte de la porte d'entrée. Cette lettre R en écriture anglaise sculptée dans  le  bois  était  l'initiale  de Renault.   Des   membres   de   la famille Renault se retrouvent à Hautes-Rivières. Eugénie, mariée peu avant 1900 à M. Wiart, était descendante des brasseurs de Nohan.

Sur ce même terrain exista ultérieurement une ferme dite la "ferme Repan". Cette grosse famille repartit ensuite à Monthermé. Vers 1975, cette ferme abandonnée a été rachetée par la "Chiers" des Hautes-Rivières et aménagée en foyer pour célibataires étrangers. De nos jours, la vaste bâtisse est habitée par M. et Mme Thierry Delonnoy.

O  Brasserie Stévenin

 

Dans es pages de données sur Internet, on relève notamment les noms de :

 • Stévenin Jean-Nicolas né le 7 juillet 1806 à Nohan-sur-Semoy et décédé le 1er août 1886 à Nohan. Profession : menuisier de 1830 à 1839 et brasseur de 1851 à 1872. Nommé adjoint au maire de Thilay par le Préfet le 29 novembre 1834 et ce, jusque 1837 (source : Archives Municipales de Thilay). Cité lors des recensements de Thilay de 1851 (brasseur proprié­taire), 1866 (brasseur) et 1872 (brasseur). Mariage à Hautes-Rivières le 30 décem­bre 1830.

Stévenin Jean-Baptiste, né le 23 juillet 1838 à Thilay et décédé le 20 mai 1870 à Thilay. Brasseur en 1861 et aubergiste en 1869 (recensements de Thilay 1851 et 1866).

Emplacement de la brasserie. Ph. R. Pascolo.

 Stévenin Charles :  1869 à

Nohan, brasseur-cultivateur. Marié à Hautes-Rivières avec ? Badré.

Selon Madeleine Stévenin, des caves voûtées et des escaliers en pierre subsistent sous sa maison d'habitation. Les mêmes caves, caractéristiques des brasseries de l'époque, devaient exister sous la brasserie adjacente. Le brasseur était le père de Paul Stévenin. Les archives ont hélas disparu.

 

Documentation :

•  Editions Terres Ardennaises : revues n° 16 et 96, "La bière en Ardenne et en Champagne" de Philippe Voluer.

•  Extraits cadastraux et archives communales de Thilay.

•  Livrets d'Henry Bonnefoy "Les dessous de Thilay" et "Thilay d'antan".

•  "Thilay, pays des basses-rivières" édité par Soleil d'Automne.