Commerces et artisans

 

Les commerces (suite) et artisans

Par souci de respecter le caractère "Histoire Locale" de cet article, nous nous sommes limités à ce qui existait avant l'an 2000.

Thilay

  • Travaux publics : Entreprise Zucchi

Arrivé en France en 1955 en qualité de bûcheron, Carmelo Di Bona a travaillé chez Joseph Zucchi de 1959 jusqu'à la fin d'activité de l'entreprise vers 1970-71. De fin 1959 à 1961, Michel Sauvage, après avoir été chauffeur à la brasserie Biaise de Nohan, travailla également chez Zucchi.

Joseph Zucchi dirigea jusqu'en 1971 cette importante entreprise de travaux publics qui rayonnait sur nos deux vallées.

Au départ, l'entreprise possédait une pelle mécanique montée sur un CMC ainsi qu'un camion-benne. Cette pelle fut d'ailleurs très utile pour déblayer les blocs de glace qui obstruaient la route des Longs Champs en février 1956,

A la "belle époque", Joseph utilisait à la fois deux camions Bedford, une pelle sur camion et un CMC destiné à transporter les matériaux.

L'exploitation des gravières dans les Longs Champs et au pont de Nohan contribua notamment à la mise hors gel de la route des Hautes-Rivières.

En été, plus de vingt ouvriers travaillaient dans l'entreprise à la réparation des écluses jusqu'à Revin.

Carmelo se souvient avoir franchi le cap des 300 heures de travail pendant les mois de "bourre". Certains ouvriers qui travaillaient en usine venaient faire une seconde journée. Différents travaux étaient effectués en liaison avec les Ponts et Chaussées. Citons par exemple le quai des Bateliers et le parking de l'ancienne brasserie à Monthermé, la rue Eva Thomé et la place de Thilay ainsi que la route des Longs Champs entre Thilay et Naux. Louis Keller était à l'époque ingénieur de notre secteur.

Joseph et Aline habitaient sur la place de Thilay dans la vaste habitation voisine de l'ancien presbytère. Une haute porte de garage donnait accès au parc à matériaux situé à l'arrière, côté Semoy.

Le commerce de charbon complétait l'activité professionnelle, sans oublier la vente de carburants.

Joseph et Aline Zucchi, Ph. Alain Marchal.

L'ancienne pompe à essence.

Guy Schérin, fils d'Aline, assurait une fois par semaine la livraison du combustible qu'il allait charger en camion à la gare de Monthermé au lieudit "Bibi"(photo ci-contre). Le charbon arrivait par péniche. Il fallait donc le conditionner en sacs avant de le livrer chez les usagers.

 A Monthermé, Guy transporte les sacs de charbon.

Quant à l'essence, elle était servie par Aline qui aimait discuter avec ses clients du village. Joseph servait également l'essence quand Aline était occupée (photo ci-contre). Deux pompes fixes étaient installées en bord de route et une   petite pompe à main était réservée aux "mobylettes" qui fonctionnaient grâce au mélange essence et huile, parfois complété à l'huile de ricin par les "jeunes" dont le souci était de "griller" leurs copains lors de compétitions improvisées.

Beaucoup plus tard, la vaste demeure à la façade jaune devint brocante jusqu'à ce que Darly Subtil ne parte.

Un belge, Réjit Necheput, l'acheta alors pour l'habiter, avant de la revendre en 2005 à Jean-Michel et Katy Cochand qui y ont aménagé plusieurs chambres d'hôtes.

 

  • Ebénistes

- M. Thomé, père d'Eva Thome, dont l'atelier jouxtait le café Noizet sur la place de Thilay. Un garage a remplacé l'atelier disparu.

 

- A    la    Dauphiné,    Charles    Bourguignon    fut menuisier-ébéniste. Il faisait partie de la lignée familiale réputée par la qualité et la beauté de ses meubles en chêne soigneusement conservés par les vieilles familles de la Semoy et leurs descendants.

  • Menuisiers

- Menuiserie Hulot :

En 1932, la menuiserie Hulot brûla complètement rue des Paquis. Denise Vindot née en 1919 se souvient que cette menuiserie était implantée entre les habitations des familles Dominé et Leroux. Cette menuiserie a été rasée et n'a jamais été reconstruite.

- Marcel Dubois, 12 rue Eva Thome (appelée jadis "rue du Haut du Village" puis Grand-rue). Homme corpulent très souvent en salopette bleue, Marcel était à la fois menuisier, électricien, vitrier et droguiste. Beaucoup plus menue, son épouse Marguerite tenait le magasin (vente de petits appareils électroménagers, papiers peints, peinture, droguerie, quincaillerie...)- Elle travailla également chez Faynot.

Comme ses collègues menuisiers, Marcel fabriquait autrefois les cercueils. Aidé par son voisin d'en face Noël Laurent, il transportait le matériel funèbre sur une brouette à la tombée de la nuit.

Marguerite et Marcel Dubois. Ph. Jean-Michel Bardeau.

- Julien Letessïer

 

Julien et Léon au travail devant l'atelier ; on remarque d'une part les planches campées contre la façade de la menuiserie et d'autre part les tréteaux installés en bordure de la rue de la Naux.

 

Né en 1898, époux de Marie Hérisson et père de Marie-Noëlle Papier, Julien Letessier fut menuisier de 1950 à 1960. Son atelier se situait entre la mairie et l'ancien café-coiffeur. Bien avant lui, son oncle Léon Nicaise habita et travailla au même endroit avant 1912. Léon fut menuisier pendant des décennies puisque la facture ci-dessous date de 1934. Par la suite, l'oncle et le neveu travaillèrent ensemble.

Marie et Julien Letessier. Ph. Marie-Noëlle Papier.

L'atelier occupait toute la profondeur de la maison, là où se situe l'actuelle porte de garage. En plus des fabrications traditionnelles, Julien fabriquait les cercueils. Les plateaux de chêne commandés chez Bertin-Mandal à Nouzonville étaient livrés en camion. Dans la cour arrière, un hangar permettait de stocker le bois et de le faire sécher. Les livraisons se faisaient en brouette.

Plus tard, lorsqu'il travailla comme menuisier à la Senelle de Monthermé, Julien emmenait même sa boîte à outils sur la brouette.

Marie-Noëlle habite toujours dans la maison familiale.

 - Pierre Legrand

En 1960, Pierre Legrand, auparavant employé à la menuiserie Sandkoul de Monthermé, s'est installé dans une ancienne "boutique" en brique rouge dans les Paquis (à présent rue de la Couture) chez son beau-frère André Remacle, Ce petit local a fait place aux garages de Mme Remacle. En 1965, Pierre a déménagé dans son atelier neuf rue Eva Thomé. Olivier, l'un des fils de Pierre, travaillait avec son père. Il poursuit l'activité dans le même atelier.

- Guy Liesch

Après avoir travaillé chez Pierre Legrand en 1970, Guy Liesch a créé sa propre entreprise en 1978 route de Naux. De nos jours, il mène de front son activité de menuiserie et son dépôt Thilay-Matériaux. Le bâtiment a été construit dans les années 1960 par Joseph Zucchi pour abriter le matériel de son entreprise de travaux publics. Joseph a ensuite loué au transporteur Trusson puis à Jean-Pierre Dufandéou pour son commerce de charbon de bois. Guy a acheté le vaste local et le parc à matériaux en juin 1982.

- Serge Mahy avait aménagé un atelier 13 rue de la Naux à Thilay dans l'ancienne maison de Mme Dethier. Son fils Olivier poursuivit l'activité pendant quelques années dans l'ancienne usine Mizen puis dans l'ancien moulin à la sortie de Nohan.

  • Electricien

- Didier Migne, électricien et plombier originaire de Linchamps, était installé dans l'un des hangars de l'ancienne usine Renault-Mizen, rue de la Couture. Il a exercé à cet endroit de novembre 1988 à décembre 2003.

  • Peintres en bâtiment

- Henri Alphonse Bertèche, né en 1900 à Thilay, travaillait rue du Baquet. Son épouse Marie Augustine née en 1902 était l'une des filles du boulanger Thomé qui exerça dans la Grand-rue. Elle quitta plus tard les Ardennes  pour la  Somme,  de  même  que  sa  fille Monique Léontine née en 1934. La maison sise 3 rue du  Baquet a été vendue en  1984 à  Guy et Nelly Maizières.

-  Maurice Mestriaux, surnommé le "Chouri" rue de la Roche, étonnait par sa bonne humeur constante. Son atelier était spectaculaire et multicolore à souhait, Maurice préparant à la demande de savants mélanges de peinture.

A titre d'anecdote, Mme Veuve Bertèche et Maurice Mestriaux se présentèrent tous les deux aux élections municipales en avril 1953, mais sur des listes différentes.

Maurice à droite sur cette photo de Jean-Pierre Turquin, prise à la Roche.

- Alice Murguet

Alice travaillait avec M. Devaux, peintre à Monthermé ; elle vendait des papiers peints et des couronnes mortuaires exposées dans sa petite vitrine route de Monthermé. Chez ses clients, Alice réalisait les peintures intérieures et posait les tapisseries.

  • Plâtriers, maçons

- Murguet-Pierquet : Jules "Cardot" (Murguet) était l'oncle d'Anice Pilard et d'Henri Murguet. Il habitait place du Monument et exerçait le métier de plâtrier. Le document ci-contre est l'entête d'une facture datant de 1904.

- En 1924, une entreprise de plâtrerie Petit-Cercelet existait à Thilay.

- Henri Murguet né en 1901 et son fils Germain, rue de Monthermé. Henri, plâtrier hors-pair, était également carreleur et maçon. Il confectionnait dans un moule les corniches en béton qui surplombent encore certaines  anciennes façades du village. (Aristide Murguet, père d'Henri, a été garde-champêtre à Thilay ainsi que son petit-fils Germain). Le dépôt des matériaux et des outils se situait rue de Monthermé, chemin de la Fontaine.

 

Alice et Henri Murguet Ph. Alain Leclet.

Germain et Marie-Rosé Murguet. Ph. Alain Leclet.

-  Entreprise Pozzi : Stéphane, grand-père de Jean-Michel Pozzi et père de Lutio, créa l'entreprise de "maçonnerie et cimentage" en 1928 avec ses deux frères Charles et Silvio. En 1963, Silvio et son fils Robert ont poursuivi l'activité. René Pozzi a travaillé avec eux plusieurs années. Ce sont les fils de Robert qui ont repris l'entreprise par la suite : Lilian, Michel et Jany.

Silvio et Robert Pozzi. Ph. Josiane Pozzi.

- Entreprise Mavica : En 1975,   Salvatore Mavica a créé l'entreprise Socobat (Société de Construction du Bâtiment) dont le siège social était implanté à La Havetière, lieu de résidence de son associé Raymond Desclaron. Le 1erjuillet 1991, l'entreprise Mavica Père et Fils a vu le jour. Depuis la retraite de leur père, Sébastien et Alexandre poursuivent l'activité familiale.

  • Couvreur

Jean-Pierre Turquin se mit à son compte en 1965. D'abord installé dans les Paquis dans le local de M. Remacle, Jean-Pierre a construit ensuite le hangar devenu atelier communal au lieudit "La Bonne Idée" en haut de la Roche. Il travailla à cet endroit jusqu'en 1972. De nos jours, le hangar abrite l'atelier communal.

  • Matelassiers

- Mme Juliette Ney, ex-épouse Théaud, fut matelassière à la Gaieté. Elle fabriquait et réparait sommiers et matelas. Ancienne militaire, elle vivait avec ses deux fils Marcel et André. Guy Balon fut son commis avant de construire et de s'installer à son compte rue Eva Thomé, puis plus tard à Charleville-Mézières.

De gauche à droite : Guy, Jean-Pierre Turquin et sa mère Denise, Mme Ney.

-Guy Balon

Né en 1932, Guy Balon a travaillé chez la "Matelassière" de 1946 à 1949. Denise Turquin donnait un coup de main à l'atelier situé entre la "Gaieté" et la ferme de la famille Laurent.

Embauché comme apprenti, Guy touchait 20 francs par mois ; il était nourri et logé à l'étage, dans deux pièces et une pièce noire. Lorsque l'espace libre dans la grange était trop limité, l'assemblage des sommiers se faisait en plein air dans l'arrière cour.

A son retour du service militaire, Guy a repris l'affaire en 1954 (achat du fonds et de l'auto pour 1000 F anciens). La laine venait de Tourcoing et était cardée dans la grange.

Sous la haute toiture, la paille de seigle nécessaire à la confection des bourrelets était hissée à l'aide d'un treuil. En février 1956, le froid était tel que la fabrication des matelas se fit dans la cuisine à l'étage. Crin animal, crin végétal, ressorts et planches étaient également indispensables pour mener l'activité à bien.

La cardeuse utilisée par les matelassiers. Ph. Jean-Pierre Turquin.

Guy se souvient qu'il se rendait à Chooz pour fabriquer sommiers et matelas sur place dans une salle communale. Il prenait le petit train à 5 h du matin et rentrait à 20 h. Prendre la correspondance à Laval Dieu n'était pas facile avec la cardeuse et le matériel juchés sur une charrette à bras.

Une 201 Peugeot rachetée à un boulanger de Deville rendit les transports plus aisés.

En 1960, Guy et son épouse ont construit leur maison et atelier rue Eva Thomé. Guy travailla de plus en plus pour les marchands de meubles de Charleville. En 1964, la maison fut revendue à M. Letellier. Elle appartient de nos jours à M. et Mme Defoin.

Rue Albert Poulain à Charleville-Mézières, l'activité de matelasserie s'est peu à peu étendue après 1985 à la tapisserie-décoration ainsi qu'à la fabrication artisanale de couettes et couvertures piquées.

A ce jour, M. et Mme Balon, qui conservent des liens d'amitié ave plusieurs familles de Thilay, vivent une retraite agréable, mais l'agenda est "au taquet", le solide octogénaire animant entre autres un atelier de restauration de fauteuils au sein une association.

- Yvon Dumont

Yvon Dumont avait appris le métier avec Mme Ney vers 1955. Né en 1937, il habitait alors avec ses parents à la "Gaieté". Plus tard, avec son épouse Colette, il habita rue des Paquis. Il travaillait chez André Remacle et en même temps, il prit une demi-patente pour fabriquer matelas et sommiers dans le garage de sa maison. Il livrait jusque dans le Sedanais. Là-bas, Colette se souvient avoir acheté d'occasion une cardeuse électrique à un collègue de Cheveuges qui prenait sa retraite. Yvon est décédé en 1995 et Colette demeure toujours rue des Paquis.

  • Coiffeurs

-   Marcel Courteau

Marcel Courteau dit "Le Tali" habita rue des Paquis jusqu'en 1952. Installé ensuite rue de la Motte, il avait une bonne clientèle. Beaucoup de Thilaysiens se souviennent être allés se faire couper les cheveux dans la petite maison basse aujourd'hui détruite.

-  André Noizet

Cette carte postale postée en 1906 représente des femmes et des fillettes en longue robe devant le commerce "Aux Nouveautés". En mars 1937, dans cette maison faisant face au vieux tilleul, André Noizet fut à la fois cafetier et coiffeur. On pouvait boire un verre avant de se faire coiffer. Le salon de coiffure se trouvait à droite et le café à gauche de la porte d'entrée aujourd'hui condamnée. Avant André, Jeanne Picart fut coiffeuse et son mari Marceau Goury servait au café après sa journée à l'usine.

Après le décès d'André Noizet en 1953, David Mailfait de Neufmanil fut coiffeur au même endroit. Vers 1954-55, une coiffeuse, Mme Gondoin, venait chaque semaine tenir une permanence. Vers 1960, René Davreux installa un dépôt d'électroménager. Pendant cinq ans, il vendit téléviseurs et matériel de marque Arthur Martin avant que le bâtiment ne perde définitivement sa vocation commerciale.

Henri et Lucienne Davreux habitent ici depuis 1970.

-  De nos jours, sur la place de Thilay, Denis Noël a succédé à Jean-Claude Caniard depuis 1997.

  • Scierie

Une scierie installée rue de la Couture d'en Bas dans les anciens établissements Mizen a appartenu à Joël Baikrich, dont les parents habitent La Neuville-aux-Haies.

Sur cette photo prise en 1994, Joël est au fond devant la porte près du chariot élévateur. A droite, on peut apercevoir le banc de scie dans le bâtiment bas et au premier plan, les poutres en chêne destinées à la charpente du four à pain du Champ Bernard et récupérées dans des chablis, arbres tombés suite aux intempéries.

La scierie a fonctionné de fin 1986 à 1995. Ce local appartient à présent à Didier Migne de Linchamps.

En 1955, lorsque Claude Pilard a emménagé dans la maison de M. Renault, seuls existaient les bâtiments côté Semoy. A la place de la scierie, une pâture entourée d'un mur qui venait jusqu'à la rue de la Couture et plantée de pommiers, permettait aux vaches de Marcel Thomé de venir paître.

  • Cordonniers

Léon Maizières, domicilié rue de la Naux (actuellement maison n°30 de Mme Wastraete). Léon, d'abord fonctionnaire, compléta sa retraite grâce à l'activité de cordonnier.

-  Serge Dumont

Installé derrière la Gaieté, Serge Dumont n'habitait pas sur place, il venait des Hautes-Rivières entre deux bus récupérer les chaussures à réparer. Vers 1955-56, le "Petit cordonnier" exposait des chaussures aux deux fenêtres garnies de rideaux jaunes.

-  Marcel Courteaux a lui aussi réparé des chaussures rue des Paquis. Ancien gendarme, le "Tali" avait "de l'or dans les mains", selon nos Anciens.

Dans les archives de la brasserie Alexandre, on note la présence en 1924 de deux autres cordonniers à Thilay : Léger-Gigot et Philippe Léon.

  • Couturières

Autrefois, les magasins de vêtements étaient très rares dans nos campagnes. Les moyens de transport étaient très restreints ainsi que les ressources financières des familles, surtout pendant et aussitôt la guerre. On faisait donc avec les moyens du bord en achetant le tissu et en ayant recours aux couturières du village :

-  Madame Bouillard à l'entrée de la rue de la Couture.

-  Simone Godard, épouse Badré, rue des Paquis.

-  Marie Ranvé près de la mairie.

-  Monique Pigeot, épouse Liégeois, rue de la Roche.

-  Louise Lepère, dans les Paquis.

-  Mme Hubert

Louise utilisait sa dextérité manuelle en faisant des piqûres à domicile chez les gens du voisinage. Après avoir installé une petite nappe blanche sur la table, elle étalait son matériel et faisait bouillir sur le poêle sa seringue en verre et ses aiguilles.           

D'autres  "piqueuses"  avaient  pour  nom  Lucie Sprimont, épouse Dinant et Marie Guillet, 27 rue Eva Thomé.

  • Les laitiers

-  Marcel Thomé, né en 1904, domicilié rue de la Naux.

-  Maximilien Gilles ("Fifi") rue du Moulin, né en 1882.

-  Armand   Didriche   :   Armand  et  son  épouse  née  Hubert habitaient 14 rue Eva Thomé dans la maison basse à la façade en pierre. Une vache, une génisse et un baudet occupaient l'écurie.

-  Noël Laurent (père) né en 1885 à Thilay et son épouse Marcelle Hérisson habitaient la grande bâtisse qui jouxte l'ancienne mairie-école. Jean-Michel Pozzi, petit-fils, se souvient que les clients venaient s'asseoir dans la maison en attendant leur lait. Cette petite exploitation comptait une dizaine de vaches et 2 ou 3 chevaux.

 Noël Laurent. Ph. J.M. Pozzi.

 

-  En 1976, Alain Marchal a acheté le fonds de commerce et le vieux Peugeot J7 bleu à "Coco" et Solange Féry, épiciers à Naux, avec tournées de lait dans les environs.

-  En mars 1982, Yves Marchal a repris le commerce ambulant de son frère Alain jusqu'en 1990, date de son entrée à la Poste. Yves se souvient de ses tournées depuis le "Parc" à Monthermé jusqu'à Sorendal. Chaque matin, la coopérative de Dom-le-Mesnil livrait le lait devant la Sefac. Les bidons en alu du départ ont laissé la place à des cartons emplis de poches en plastique de 20 I. Le lait était vendu au détail à la louche d'un demi-litre. Yaourts, fruits et légumes, bonbons, gâteaux...  étaient également proposés aux clients. Dominique, son épouse, a continué les tournées jusqu'en 1992.

  • Le bouilleur de cru

Henry Bonnefoy, né en 1920, est arrivé à Thilay en 1929. Il garde en mémoire l'image de l'alambic installé chaque année sur la place le long de la grille de l'école des filles, là où il habitait. Dans un passé plus proche, le bouilleur de cru émigra vers le haut du village. A Thilay comme ailleurs, chacun mettait un point d'honneur à avoir plus de goutte que son voisin et toutes les ruses étaient permises pour améliorer le rendement des tonneaux en bois manipulés avec amour.

  • Cadeaux-souvenirs Axler

Dirigée parMax Defoin né en 1939 et époux de Monique Letellier, institutrice, l'entreprise AXLER S.A vit le jour le 9 juin 1972. Etaient proposés à la clientèle coupes sportives, trophées, cadeaux, souvenirs et objets de décoration. Municipalités, clubs sportifs et particuliers des vallées de Meuse et de Semoy venaient s'approvisionner chez Axler. Pour permettre le stockage et la gestion, un vaste entrepôt fut accolé au pavillon autrefois construit par Guy Bâlon. Des bureaux et une salle d'exposition complétaient les locaux. Les livraisons s'opéraient sur toute la moitié nord de la France, y compris la Bretagne. Cette société a perduré jusqu'au 19 décembre 2001.

José Hody de Charleville-Mézières a pris la succession pendant quelques années.

  • Mercerie

Rue des Paquis, Daniel Menet et son épouse Nadine née Lejeune ont ouvert pendant quelques années place des Paquis une mercerie à l'enseigne de la marque Phildar ainsi qu'une épicerie avec fruits et légumes.

  • Quincaillerie Léger vers 1930

Cette quincaillerie exista entre les deux guerres face à la mairie au n° 12 habité depuis 1960 par Guy Caillot. Denise Vindot se souvient de ce magasin au rez-de-chaussée et de la réserve à l'étage dans laquelle étaient stockés lessiveuses, clous, bassines et matériel de jardinage.

M. Léger se ravitaillait chez Martinet et Laugée à Charleville. Il s'y rendait en bus afin de passer commande et un camion bâché venait livrer la marchandise.

Facture de 1929.

  • Petits commerces                                                      

Avant la guerre, trois petites épiceries ont existé dans le haut de la rue de la Naux : la "Mère Babaze" avec son grand étalage de bonbons le dimanche, Chopelet et la "Fifine" mariée à M. Voirain, facteur à Thilay. Les enfants adoraient y acheter des friandises. Dans ces petits magasins de village, on vendait au détail. Les clients allaient y faire emplir leur verre de moutarde. Huile et vinaigre étaient également vendus au verre.

  • Les porteurs de journaux

-  Peu de temps avant la fin de la guerre 1939/1945, Yolande, épouse   de Gaston Parizel, effectuait le portage du journal "L'Ardennais" dans le village. A son domicile, rue de la Naux, face à la mairie, des hebdomadaires étaient proposés à la clientèle.

En 1947, Christiane Sauvage travaillait à l'usine Leinster, Devant-Thilay. Chaque mardi à la sortie de l'atelier, elle allait chercher son "Nous Deux" chez Yolande et a même quelquefois remplacé cette dernière au "pied levé".

Andrée Gilles, épouse de Paul Hatrival, reprit le commerce de journaux dans la commune.

- Avant 1953, Jeanne Camus a vendu des journaux au 37 rue de la Naux, là où demeure Josiane Pozzi. Après avoir rencontré le "Père Bin", elle poursuivit son activité dans le baraquement noir du "Père Hulot" situé dans l'actuelle rue Marie Bonnefoy près de chez Christiane Sauvage. Jeanne vendait "L'Union" et différentes revues mais n'effectuait pas de tournées.

- Par contre, vers 1955, un habitant de Monthermé, Georges Bertrand appelé "Le Bertrand" venait à Thilay distribuer "L'Union" sur son imposante moto.

- Vers 1960, le laitier de Naux, Lucien Simon, approvisionna en journaux le café-tabac Duplat depuis la Maison de la Presse à Monthermé. Il livrait notamment la revue "Bonnes soirées" dont beaucoup de nos Anciens se souviennent.

- Dans les années 1970, Guy Schérin sillonnait les rues du village très tôt le matin par tous les temps pour apporter aux Thilaysiens le journal "L'Ardennais". A la disparition de Guy, le portage des journaux cessa.

Précisons aux jeunes générations qu'autrefois, "L'Ardennais" et "L'Union" étaient deux journaux concurrents, avec des correspondants locaux distincts. Dans nos vallées, "L'Ardennais" l'emportait au niveau des ventes, contrairement à la moitié sud du département.

  • Les marchands ambulants

- Henry Bonnefoy se souvient que le rétameur Haution stationnait tous les ans sa roulotte sur la place du village (de 1930 à 1935). Cet homme, qui habitait dans sa roulotte, étamait cuillères et fourchettes dans un bain d'étain en fusion.

Notre société de consommation a mis un terme à ce genre de profession.

-  Rétameurs, marchands de ferraille, marchands   de    peaux   de    lapin    et rempailleurs de chaises arpentaient les rues de Thilay et des hameaux à grand renfort de coups de sonnette. "Peaux de lapin,  peaux de  lapins...","  chaises à rempailler..."

-   M. Moglia

Beaucoup plus discret, M. Moglia, bijoutier-horloger à Charle- ville, frappait chez ses habitués pour proposer montres et bijoux soigneusement rangés dans une caisse portée sur le dos.

Colporteur d'origine italienne et connu de tous dans nos vallées, le"Père Moglia" était un personnage. De nombreuses familles thilaysiennes ont acheté chez Moglia la montre de communion du "gamin" ou de la "gamine" ainsi que les alliances des futurs mariés.

Jean-Michel Pozzi conserve le souvenir du "Père Moglia" qui venait manger le midi chez son grand-père Noël Laurent. Avant de reprendre sa tournée, il faisait une courte sieste, assis et appuyé sur le dos d'une chaise. Le soir, M. Moglia regagnait Charleville au bus de 17 h.

Le fils a suivi les traces du vieux bijoutier en reprenant les tournées. Le petit-fils André ne fait plus de colportage, mais il a conservé la même profession. Installé place Nevers, il accueille toujours de nombreux clients de nos vallées, enfants et petits-enfants des clients d'autrefois.

Le bijoutier Moglia, dessin de Simon Cocu.

Le "Lame Faure"

De la même façon, le" Lame Faure" de Mézières faisait sa tournée au volant de son "Combi" Volkswagen vert bouteille. Ce commerçant au chapeau tyrolien et aux chaussettes montantes possédait son magasin rue du Faubourg de Pierre à Mézières.

Chacun pouvait acheter ses ustensiles de ménage pièce par pièce en fonction de son budget. Ses séries de casseroles en inox et ses couteaux ont supporté le poids des ans sans broncher. Produits de nettoyage, débroussaillant, trousses de couture... étaient également proposés, et cela jusque vers 1982.

- M.  Dohévendait des fruits, des légumes et de l'épicerie  ;  son fils a poursuivi    avec    un    commerce    de bonbons.

- M. Delhalle de Monthermé, prêt à porter de père en fils.

Jacky, petit-fils de René Delhalle, se souvient :

"Mon grand-père René Delhalle a ouvert son commerce en 1925 au 88 Grand-rue (actuellement rue Paul Doumer) à Monthermé. Au début, il utilisait une baladeuse (charrette à bras) pour rendre visite àses clients. Celle-ci fut remplacée par une voiture Renault "Juvaquatre".

C'est en 1930 qu'il a commencéà se déplacer : d'abord à Hargnies par un déballage sur la place puis ensuite, il a circulé dans le village comme il en avait l'habitude. A partir de 1931, il allait entre autres à Linchamps, aux "Rivires" (c'est ainsi qu'il parlait des Hautes-Rivières), à Nohan, Thllay, la Neuville-aux-Haies et les Vieux-Moulins.

A Thilay et à Navaux, sa tournée avait lieu le dimanche matin jusqu'en 1968 ou 1969, l'année de l'instauration de la TVA. Sa décision de "prendre sa retraite" a été très brutale : à ma grand'mère qui lui préparait la marchandise nécessaire pour sa tournée dans un carton sur lequel il inscrivait ses ventes de la journée, il lui a dit : "Ne prépare pas le carton, j'arrête". Ses voitures successives furent une Renault Juva 4, un fourgon Renault et en dernier une Estafette Renault. C'est mon père Robert qui a continué les tournées de 1969 à 1985, date à laquelle j'ai repris le commerce à mon nom. Il m'apporta son aide le samedi matin jusqu'en 1990, date à laquelle il est tombé malade. Depuis cette date, je continue mes tournées sur Thilay. "

Le dimanche matin, les clients attendaient le passage du "Delhalle" pour acheter sous-vêtements, bleus de travail, blouses, mouchoirs, tabliers et tenues pour les enfants... Evidemment, le choix était à l'époque beaucoup plus limité qu'aujourd'hui ; il était ainsi fréquent que le jour de la rentrée, plusieurs enfants se retrouvaient avec le même tablier, mais personne ne s'en offusquait.

 La boulangerie Peythieu

Clients réguliers, occasionnels ou pas clients du tout, les Semoysiens se souviennent de Dany Peythieu, de sa gentillesse et de sa bonne humeur constante.

Au volant de son vieux "tube Citroën" mal chauffé dans les années 1970, puis ensuite avec son Mercedes bien aménagé, Dany n'a jamais renoncé à sa tournée, quelles que soient les circonstances. Ainsi, lors de la grosse crue de 1993, il avait enfilé les cuissardes et effectuait la tournée sur le tracteur de Robert Mahy à Nohan.

Boulanger, bien sûr, Dany livrait aussi la pharmacie et les tickets de loto à ses clients isolés. Boucher à ses heures, il pratiqua aussi le football aux côtés de ses copains du FJEP Thilay et de son neveu Jean-Marc. Après avoir pris sa retraite, Dany poursuivait les livraisons pendant les congés. Il est décédé en 2011.        

   

           Ph. Michel Thomé.

-Lamotte, Mailfait et Papier des Hautes-Rivières, bouchers, effectuaient de régulières tournées sur la vallée.

- Fruits et légumes :  Philippe Rousselle s'installa place de l'Eglise à Thilay chaque dimanche matin de 1989 à 1998.

- Fromages   :   Alain   Cornet   stationnait      chaque semaine son imposant camion-vitrine sur la place du village chaque mercredi à partir de 1975. Gendre de Gaston et Madeleine Biaise, M. Cornet s'arrêtait le même jour à Nohan puis à Navaux. Il fit valoir ses droits à la retraite en 2007.

Charles Papin : originaire des Hautes-Rivières, Charles fabriquait des" balais de boule". Il couchait dans une cabane des Paquis appartenant à M. Remacle. Il pratiquait le porte-à-porte et vendait ses balais aux particuliers   ainsi qu'aux entreprises du village. Lorsqu'il se rendait au café, il sortait de son sac à dos une boîte en tôle "Potages Maggi" en s'écriant : "Via mon coffre-fort !". Force de la nature, Charles gagnait aussi sa vie en déchargeant les bottes de fer des wagons ou des chariots dans les usines locales telles que l'usine Mangon.

- Armande Bouquignaud, chef de gare à Thilay et sa fille Yvonne résidant rue de la Motte, étaient dépositaires du magasin de vente par correspondance "Le Bon Marché".

 Le chauffeur de bus de la RDTA était aussi un livreur de médicaments : les personnes lui apportaient l'ordonnance lors de l'arrêt du bus à  14 h sur la place et récupéraient leurs médicaments à 17 h.

(à suivre)