Commerces Nohan et VM

Nohan-sur-Semoy

  • Boulangers

- Boulangerie Dominé

La boulangerie Dominé dans la Grande Ruelle (à l'endroit de l'abri-bus actuel) fut tenue par Jean-Baptiste Hubert Dominé et son épouse Adèle Badré avant 1902.

Avant 1914, Vivent, l'un de leurs six enfants, travailla au fournil avec son père. Parti au front, il fut tué en 1917 au Chemin des Dames.

Ce commerce a été repris après la guerre 1914-18 par Paulin Fernand Dominé et son épouse Estelle Cuvelier, les parents d' Huberte. En 1938, alors que cette dernière n'avait que 15 ans, Fernand décéda. Estelle disparut à son tour un an plus tard.

Pendant la guerre 1940, les époux Obéliane puis Delobel tinrent la boulangerie. Dans son livret "Thilay d'antan", Henry Bonnefoy évoque avec nostalgie : "Le gros pain et la bûche fendue sont préférés à la fantaisie et un querton grésillant dans un cugnon frais est un régal. "

Les époux Delobel ont ensuite tenu la boulangerie à Sorendal.

En 1948, Huberte épousa Roger Marchal, lui aussi boulanger. Les jeunes époux travaillèrent ensemble à Nohan. Huberte livrait alors plusieurs dépôts de pain dans la vallée de la Semoy avec son vélo équipé d'une remorque. Citons entre autres Joseph Chayot à Naux appelé "Dépôt de la Huberte" et le Familistère des Hautes-Rivières, place du monument aux morts. Le commerce comportait à la fois boulangerie et épicerie à l'enseigne des Etablissements Economiques. En 1952, Huberte et Roger quittèrent Nohan pour s'installer à Thilay.

Le bâtiment était devenu vétusté. Madeleine Blaise se souvient des trois poutrelles métalliques placées sur le pignon pour le renforcer. Rachetée par René Defossez, le concurrent local, la maison fut rasée et l'enseigne transférée dans la Grand-Rue.

 

 

Huberte et Roger Marchal. Ph. Alain Marchal.

Peu avant 1960, la famille Biaise, trop à l'étroit dans la maison de la Grand-Rue, racheta le terrain pour construire le long de la Grande Ruelle. L'opportunité d'acquérir la brasserie voisine mit fin au projet et la parcelle ne fut jamais reconstruite.

Boulangerie Defossez

En 1934, M. et Mme René Defossez reprirent la licence de Benjamin Tailler, boulanger installé dans la Grand-Rue.

Pendant la guerre, Mme Defossez ne vendait que du pain et du tabac. Ensuite, l'épicerie et le café vinrent agrémenter le chiffre d'affaires.

Dans les années 1960, Claude Martin travailla comme ouvrier-boulanger chez son oncle au fournil.

Devant le fournil, Jean-Michel Blaise et Gérald Mailfait. Derrière le tas de casiers, la fenêtre du fournil et à gauche, le local de stockage du pain en attente de livraison.Ph. Madeleine Blaise.     

                     

  Des casiers sont empilés devant la vitrine du magasin. A droite, lesdeux maisons appartenant à Maurice Blaise, brasseur, étaient occupées par les familles d'Edgard Mailfait et de Gaston Blaise. Au premier plan, les enfants Blaise et Languillier. Ph. Madeleine Blaise.

Les sacs de farine pesant cent kilos étaient hissés un par un à l'étage grâce à un moteur électrique. La farine était ensuite versée dans une trémie qui alimentait le fournil en contrebas.

En octobre 1965, Jean-Claude Beaudoin succéda à M. Defossez, toujours aidé par Claude Martin avant que celui-ci ne parte travailler à la Chiers. Le commerce comportait boulangerie, épicerie, café, tabac et dépôt de bouteilles de gaz.

Née en 1926, Françoise Stévenin, épouse Caillaux, était toujours volontaire pour aller au pain chez René. Enfant, elle savourait la "rohette" en cours de route. A cette époque, le boulanger complétait le poids du gros pain en ajoutant un petit morceau, cible des "grignoteux".

Fin janvier 1983, M. Bore succéda à Jean-Claude. Hélas, un an et demi plus tard, la boulangerie-épicerie de la Grand-Rue cessa définitivement son activité.

  • Boulangerie-épicerie-café

-   Le café-épicerie de Rolande et d'Emilien Pïerrard resta en activité jusque peu après 1980. L'épicerie était installée à droite et le café à gauche en entrant. L'aspect de la façade et l'emplacement de la vitrine ont été conservés.

-  Un Mauroy en 1925

Un courrier adressé le 27 octobre 1925 au maire du village par les établissements Mauroy de Reims déclare confier à M. Dominé à Nohan "la gestion d'un dépôt de ses produits : chicorée et succédanés du café, épicerie, mercerie, bonneterie et chaussures, vins et alcoolisés, spiritueux, boissons hygiéniques, produits inflammables tels que pétroles et essences, pour être vendus au détail par ses soins et sous son entière responsabilité, tant civile que commerciale".

Ce magasin était-il le même que celui du futur Coop tenu par la famille Dominé ? A signaler qu'avant la seconde guerre, les magasins Mauroy et les Etablissements Economiques faisaient partie de la même chaîne de distribution.

Coopérateurs

Les Coopérateurs existaient déjà à Nohan pendant la guerre. En est la preuve l'un des journaux retrouvés par Marie-Joëlle Belhadji dans le grenier de son magasin. Ce journal du 15 novembre 1945 intitulé "Les Coopérateurs de France, organe de la fédération nationale des coopératives de consommation", comporte en première page l'encadré ci-contre, à "lire et faire lire autour de soi".

 

-          Lucie des Coop

 

 

Geneviève Parizel vers 1960

Mme Tailler née Briard puis Lucie Dominé née Tailler en 1893, appelée familièrement la "Lucie des Coop", tinrent ce commerce de proximité en bordure de Semoy au numéro 99. Ce magasin existait déjà avant la guerre. Toujours disponible, Lucie mangeait souvent sur son comptoir en servant les clients. Son mari Charles travaillait en usine.

La plupart du temps à cette époque, les épouses tenaient le magasin ou le café tandis que leurs hommes travaillaient à la "boutique", la taille du commerce et la conjoncture difficile ne permettant pas de nourrir une famille complète. Dans cette succursale des Coop, les ménagères nohanaises trouvaient tout le nécessaire vestimentaire et alimentaire.

Lucie a pris sa retraite en 1958, mais elle continua d'habiter l'arrière de la grande maison qui lui appartenait. Elle est décédée à Rethel chez sa belle-fille en 1976.

-  Geneviève Parizel

Née en 1931, Geneviève succéda à Lucie en septembre 1958, et cela jusqu'à fin juillet 1970. Son époux Raymond travailla chez Georges Pierre avant d'aller chez Renault-Mizen puis Bremmer à Thilay.

La cuisine et une petite réserve étaient installées dans la petite maison voisine. Le pain venait du Coop de Sorendal par le bus de 8 heures. La pâtisserie livrée trois fois par semaine était fabriquée au début à Villers-Semeuse. Vers 1964, un rayon poissonnerie fut alimenté en direct de Boulogne-sur-Mer chaque jeudi matin. Des colis-épargne et des colis-réveillon étaient proposés à la clientèle.

Geneviève possède encore une superbe cuisinière bois-charbon "Cooplor" (Coopérateurs de Lorraine) achetée en 1968 en même temps qu'un réfrigérateur "Arc en ciel".

A l'extérieur du magasin, une pancarte "Coopérateurs" surplombait la façade sur toute sa largeur. Chaque mardi, jour de la livraison, une pile de casiers vides occupait le trottoir pour le camion des Coopérateurs et celui de la bière GBA de Sedan.

Deux souvenirs sont ancrés dans la mémoire de Geneviève :

-  L'acquisition de sa première calculette vers 1967, très appréciée par la suite.

-  L'afflux au mois d'août des campeurs nordistes au camping du Faucon. A cette époque, le camping était bondé et tous venaient s'alimenter au Coop de Nohan. En plus, des jeunes du Nord travaillant dans les mines venaient ressourcer leurs poumons au Champ Bernard réputé pour son air pur. Ces jeunes campeurs convalescents descendaient le matin charger leur remorque de victuailles.

Raymond, Geneviève et leur fils Jean-Luc en juin 1963. A noter la pile de casiers parmi lesquels ceux de la coopérative laitière. Ph. Geneviève Parizel.

Le soir, Raymond allait livrer les bouteilles de gaz et les casiers de boissons chez les particuliers à l'aide d'une petite remorque.

 

 

Noël 1966 : Appuyé sur la vitrine réfrigérée garnie de porc frais, Ludo Zémanik discute avec Geneviève. Ph. Geneviève Parizel,

 

 

No

ël 1958 : Le sapin décoréà la vitrine. L'affiche présente "Coop Incendie" et "Coop responsabilité familiale". A droite, on devine le téléphone qui servait de téléphone public. Ph. Geneviève Parizel.

-  Marie-Joëlle Belhadji

En 1975, André et Marie-Joëlle Belhadji achetèrent la maison des anciens Coopérateurs à la petite-fille de Lucie Dominé. Le commerce cessa pendant dix ans.

Puis, début 1985, Marie-Joëlle née Dehoul décida d'ouvrir un magasin indépendant à la même adresse.

Tandis que le magasin de "Lucie des coop" et de Geneviève Parizel était aménagé dans la pièce de la grosse maison en entrant à gauche, celui de Marie-Joëlle l'était dans la petite maison, côté droit du large couloir.

Autres différences : Marie-Joëlle vendait du tabac et des cigarettes (Gauloises, Gitanes, Camel, Marlboro, Royales ...). La traditionnelle "carotte" métallique peinte en rouge, symbole des buralistes, provenait du commerce de Jean-Claude Beaudoin. La fixation est encore visible au-dessus de la porte d'entrée de l'ancien magasin qui ne dépendait plus des Coopérateurs de Lorraine. Celui-ci avait comme principaux fournisseurs : Charles (produits frais), Duchêne et Montay (fruits et légumes), Jolain de Charleville (confiserie), Legendre (pain), Promodès (charcuterie, lait et crème), Biaise (boissons) et Sert de Givet (gaz). Les journaux "L'Ardennais" et "L'Union" étaient vendus en liaison avec la Maison de la Presse de Thérèse Deflandre des Hautes-Rivières.

Des carnets de timbres Europe Epargne permettaient aux clientes d'acheter petit mobilier ou vaisselle choisis dans le catalogue. Jusqu'en 1991, Marie-Joëlle a tenu le magasin, tandis que son mari André travaillait à l'usine. En 1994, elle a travaillé chez Bisiaux-Théault avant de prendre sa retraite en novembre 2012.

  • Peintres

- L'entreprise Languillier

Jacques Languillier et l'un de ses fils José né en 1933, travaillaient au départ comme peintres chez Maurice Poirson à Hautes-Rivières. Domiciliés à Vresse, ils étaient frontaliers et venaient à bicyclette le lundi matin pour repartir le samedi soir. Le midi et le soir, ils mangeaient chez leur patron et ils couchaient chez un particulier au Commodo.

En 1949, la famille Languillier emménagea à Nohan non loin du magasin Defossez. José se mit à son compte en 1956.

En 1958, Jacques quitta son employeur pour rejoindre son fils José à Nohan. A cette époque, une 4 CV équipée d'une galerie fut achetée pour remplacer les déplacements à vélo. En 1971, l'entreprise "Languillier José" devint " Languillier Frères" avec l'arrivée de Jean-Marie, né en 1944, plus connu sous le nom de "Jean-Jean".

José et Jean-Marie Languillier lors d'une visite de fabrique de peinture à Valenciennes. Ph. J,M. Languillier.

A la retraite de José, Jean-Marie se mit en SARL en 1993. José, marié à Francine Guillet en 1951, est décédé en 1999. Jean-Marie est "pensionné" à Nohan avec son épouse Annick depuis 2004. Il se souvient notamment que le lundi matin, il fallait emmener la grande échelle sur la

charrette à bras de Nohan jusqu'à Sorendal ou Thilay, selon l'emplacement des façades à repeindre. Les petites échelles d'intérieur étaient emmenées à vélo ainsi que les vitres portées sous le bras. Les gros pots de peinture étaient acheminés par   Léon    Davreux   de Thilay.

Kneper et Dham livraient à Nohan le matériel commandé aux représentants. Les teintes étaient obtenues à partir du blanc de zinc mélangé avec de la poudre et de l'huile de lin. L'artisan peintre préparait lui-même ses mélanges. Une exception : il existait une teinte toute faite, à savoir le "rouge Comptoirs Français" commercialisé par Astral afin d'uniformiser les façades de toutes les succursales.

-  Patrick Denis : Avant 1985, Patrick fut employé chez Maurice Poirson à Hautes-Rivières. Depuis cette date, il travaille à son compte 7 rue de la Semoy à Nohan.

  • Commerçant ambulant

-  Alain Cornet : chaque mercredi matin, Alain faisait le marché à Hautes-Rivières. Le midi, il mangeait chez ses beaux-parents Gaston et Madeleine Biaise. Après l'heure du repas, les clients de Nohan venaient se ravitailler au camion stationné dans la cour de la brasserie. Après une halte à Navaux, Alain se rendait ensuite sur la place de Thilay.

  • Couturière

Après-guerre : Yvonne Godart, célibataire, fille de Narcisse.

 

Les Vieux-Moulins de Thilay

  • La famille Closse

Avant 1920, non loin du lieudit "Les mille briques", sur les hauteurs des Vieux-Moulins, les parents d'Elisée Closse vendaient du café, du tabac, de la confiture et du chocolat, ainsi que des bidons de pétrole destinés à assurer l'éclairage des maisons. Leur magasin était implanté en territoire belge, à quelques mètres de la frontière.

Document Marc Liétard. 

Pendant la première guerre mondiale, les grands-parents de Lucien Marchal envoyaient leur Fils Noël y acheter du café trois fois par jour car la quantité était limitée à 1 kg par passage. Avant la construction des casernes des Vieux-Moulins, les douaniers étaient basés à Hauts-Buttés. Ils effectuaient de fréquentes patrouilles par équipes de deux. Il fallait donc varier les itinéraires et faire preuve de vigilance lors des achats en Belgique rendus nécessaires par la pénurie de denrées alimentaires. Au détour d'un chemin, lorsque l'on entendait crier "Halte à la douane", il fallait soit déclarer ses marchandises, soit prendre ses jambes à son cou et s'enfuir à travers la forêt. Les douaniers des Hauts effectuaient la jonction à la Croix Scaille avec leurs collègues de Linchamps, et aux "Tétras" avec ceux d'Hargnies.

Elisée Closse, marié Laure Parizel de La Neuville-aux-Haies, poursuivre le même commerce que se parents, avant de bâtir a lieudit " Marotel", sur la route de Willerzie, pour y mener d front commerce et agriculture Le chemin des Vieux-Moulin en direction de Marotel éta appelé "Chemin du Bureau"; il était le chemin légal vis-à-vis des douanes.

Avant-guerre, certain produits étaient interdits à Ia vente. Lucien Marchal se souvient par exemple que Ie fait d'introduire en France d poivre en grains, des jeux de cartes belges ou des allumettes était passible d'un "procès". Nous ignorons le motif de ces interdictions. Précisons simplement que l'as de trèfle permettait de différencier les jeux de cartes belges et français. Les douaniers des Vieux-Moulins de Thilay allaient parfois boire un verre à Marotel et même faire quelques pas de danse au son du phonographe. Ils s'y rendaient d'autant plus volontiers qui parmi les six enfants d'Elisée figuraient trois charmantes jeunes filles : Marie-Thérèse, Hélène et Odette.  Plusieurs douaniers étant célibataires, tout était pour le  mieux,  à  tel  point qu'Odette épousa l'un d'entre eux, M. Lépinois.

En ce qui concerne la vente de pain, les douaniers remettaient un carnet de timbres prédécoupés à leur présenter au passage. Parfois, ils coupaient un gros pain rectangulaire au hasard pour vérifier si celui-ci ne dissimulait pas de produits de contrebande.

Elisée Closse décéda vers la fin de la guerre et l'établissement ferma ses portes avant d'être vendu à la famille Speth.

Marotel.

Georges, fils d'Elisée, fut garde privé de M. Speth. Arrêté le 2 août 1944, il fut sévèrement frappé par les Allemands, sans doute suite à une confusion avec Albert Brùck, garde-forestier è Willerzie.

Précisons qu'en 1946 à Marotel, la mère de Marc Liétard, ami belge de Willerzie, bien connu par les Anciens des Vieux-Moulins de Thilay, obtint une autorisation de commerce, mais celle-ci ne se concrétisa pas. De 1946 à 1950, Joseph et Marie-Louise Liétard furent concierges du domaine de Frédéric Speth devenu baron par la suite "pour services rendus à la Belgique".

Actuellement, le domaine de Marotel est aménagé en résidence secondaire entourée de pâtures et d'un étang, à deux pas du vaste parc à gibier de la famille Speth.

  • Le quartier Parent

Ce petit quartier de la commune de Monthermé est situé au carrefour de la route d'accès aux Hauts-Buttes et de la route d' Hargnies. Il s'appelle ainsi car plusieurs membres de la famille Parent y étaient voisins. Avant 1940, on y trouvait notamment une épicerie, un café et une boulangerie, cette dernière tenue par Paul et Julia. Avant et après 1940, leur fille Marcelle reprit l'épicerie avec son mari M. Hoche. Les gens des Vieux-Moulins s'y approvisionnaient.

Dans la pointe entre les deux routes, Henry, frère de Paul, fut maréchal-ferrant. Surnommé "Chouchou", il tenait une quincaillerie dans un petit bâtiment voisin de la grosse maison.

Deux sœurs, Joséphine et Marie Parent, tinrent le café situé dans la vaste bâtisse visible sur cette carte postale du début du siècle dernier entre la forge et la guérite des douanes. Une grosse dalle subsiste à l'emplacement du puits creusé dans la cave de ce commerce qui a brûlé après avoir été racheté. Plus loin, au bord de la grand-route, la petite maison qui subsiste de nos jours fut habitée par Hortense Parent, épouse du douanier Poncelet. Sa fille Denise, couturière, confectionnait tabliers, robes et manteaux.

 

A gauche, côté Hauts-Buttes, Eugénie-Flore Chayot, parente avec les ... Parent, vendait avant-guerre différents produits tels que des tissus, de la laine à tricoter et des rubans à cheveux. Elle vendait également des caramels à un sou, des casse-croûte au détail et de l'épicerie.

Après la fermeture de l'école des Vieux-Moulins, les enfants du hameau scolarisés aux Hauts-Buttes passaient acheter des bonbons chez Marcelle. L'épicerie était située à l'entrée et la cuisine servait de petit débit de boissons. Un téléphone public complétait ce commerce. Ainsi, Marcelle emmenait à vélo les télégrammes aux fermes des alentours, celles-ci ne possédant pas encore le téléphone qui est apparu bien après la guerre.

  • Les tueurs

Autrefois, les habitants des Vieux-Moulins cultivaient leur jardin et élevaient des animaux pour les vendre et pour nourrir leur famille souvent nombreuse. Des "tueux d'cochons" venaient de Linchamps et d'Hargnies. Baptiste Papier tuait, couchait sur place et découpait le lendemain. A défaut de congélateur, la viande était mise dans le précieux saloir. A l'évacuation, la famille Buffet a d'ailleurs emmené le saloir sur la charrette, ce qui permit de manger la potée le soir en cours de route.

Comme son père, Lucien Marchai tuait lui-même ses cochons (7 ou 8 pour sa famille, une trentaine au total pendant certains hivers).

  • Marchands de vêtements

Avant la guerre, un couple de commerçants corréziens passait chaque saison en roulotte hippomobile. Il vendait des tissus, des blouses et d'autres articles de confection. M. Picard, commerçant rue Bourbon à Charleville, faisait sa tournée en auto.

Après la guerre, René Delhalle desservit le hameau.

  • Facteurs

Dans ce "coup de chapeau" à toutes ces personnes qui bravaient chaque hiver le verglas et la neige pour ravitailler leurs clients, il convient d'inclure les facteurs. Les Anciens se souviennent notamment de Marie Michel qui montait à pied avec sa sacoche depuis Monthermé jusqu'aux Vieux-Moulins d'Hargnies via Les Woieries, Les Six-Chênons et Les Hauts-Buttes. Lors des grands froids, elle passait à l'école des Vieux-Moulins pour se réchauffer devant le poêle à bois.

Pendant la guerre, Louis Schotte de Monthermé déposait chez Fontaine les colis pour les prisonniers du camp de la Croix Scaille. Il apportait en même temps des nouvelles de la vallée et du plateau. Quant à Emile Pierron, il fut facteur cycliste sur les Hauts durant toute sa carrière depuis 1950. Par la suite, Marie Keller, épouse de Louis, fut factrice en voiture et ne manquait pas de saluer ses "clients" à chaque tournée.

  • Autres commerçants

En plus des commerçants sédentaires des Hauts-Buttes, d'autres effectuaient des tournées régulières sur les Hauts. Citons par exemple Deneuvillers de Monthermé qui montait vendre ses légumes avec une charrette plate, (il y avait du monde aux casernes des douanes), Blanche "Lercule" également de Monthermé avec des légumes et des poissons conservés dans la glace acheminés dans l'auto conduite par son mari, Thibaux, charcutier à Hargnies, Jacquemin et Biaise, brasseurs, Raymond Deban et France Lotto (épiciers à Monthermé), Cochepin (boucher à Haybes), Jacky Lorriette (boucher à Thilay), Maxime Ladouce (Familistère de Thilay), Marville puis Peythieu (boulangers à Monthermé). A ce propos, Dany, qui avait une formation de boucher, n'hésitait pas à interrompre sa tournée de pain pour abattre ou découper un veau ou une vache chez un client éleveur.

Après la fermeture de Marotel, un dépôt de pain alimenté par le moulin coopératif de Château-Regnault exista chez la famille Fontaine. Dans les années 1950, un rétameur traversait le hameau avec sa charrette à bras.

A cette époque, commerçants et facteurs profitaient de leur passage pour rendre d'autres petits mais précieux services tels que le ravitaillement en produits pharmaceutiques depuis la vallée.

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Dans le Matot Braine et sur les livres de comptes de la brasserie Alexandre, nous recensons :

-          Peintres :   Nicolas Barbe à Thilay en 1908.

-          Cordonniers : Auguste Thomé (1814-1880, arrière grand-père d'Eva Thomé), Léger-Gigot en 1924, Philippe Léon en 1924.

-          Maréchal-ferrant : Hubert Roger à Thilay en 1908 et 1924.

-          Plâtrier : Petit-Cercelet à Thilay en 1924.

-          Maçon : Raymond Gommeaux en 1932 à Nohan (parti ensuite à Hautes-Rivières).

-          Tabac : Tailler à Nohan en 1932, Defossez à Nohan en 1936.

 

Bulletin municipal d'information n° 30 - décembre 2012