Lieudits et curiosités

LIEUDITS ET CURIOSITES

L'une des caractéristiques de notre village est d'être très étendue : plus de 3600 hadont 1000 ha de forêts. L'altitude des hameaux est également très variable puisqu'elle s s'échelonne de 150 à presque 500 mètres.

Autrefois, l'Homme mettait à profit le moindre arpent de terre gagné sur la forêt ou blotti dans les vallons creusés par les ruisseaux.

Dans la plupart de ces endroits, Dame Nature a repris ses droits et les terres cultivées sont devenues des "rayvis", mais les multiples lieudits ont conservé leur appellation. Toutefois, leur orthographe s'est souvent déformée au cours des siècles. La meilleure preuve en est l'observation des plans cadastraux successifs, des ouvrages d'époque ou des actes notariaux manuscrits appelés "minutes".

Cette rubrique "Histoire locale" énumère des lieudits ou des curiosités méritant d'être évoqués avant que l'Oubli ne fasse son œuvre.

La présente liste établie par ordre alphabétique est loin d'être exhaustive. Elle pourra être complétée dans les prochains bulletins par une étude des noms de rues et par une évocation des "Thilaysiens" célèbres.

 

Carte Henri Dominé.

 

Dans un dépliant très documenté et intitulé "Folklore et tourisme : les vieux sentiers de la Semoy content leur histoire", M. Henri Dominé, alors directeur de l'école de Sorendal, avait redécouvert avec ses élèves les sentiers de la Semoy et raconté les hommes des siècles passés.

Cette carte en couleur fut reproduite en noir et blanc par deux élèves-maîtres de M. Henri Manceau, professeur à l'Ecole Normale d'Instituteurs de Charleville. Elle parut sous cette forme dans un supplément "Etudes Ardennaises".

Associée à la carte d'état-major actuelle, cette carte permettra à chacun de mieux situer les lieudits dans la présente rubrique d'Histoire locale.

Nous reviendrons ultérieurement sur la description des différents chemins répertoriés "en période de maigre ou en période de crue" : chemin du blé, chemin du foin, chemin de la clouterie, sentier du tabac, chemin des bourriques, voie à l'âne,  etc.

A

Albruy :

Site d'un ancien village médiéval dont les ruines seraient encore visibles en forêt, entre le Loup et Les Hautes-Rivières, à proximité du Pré l'Hermite (ancien ermitage). Des traces écrites datent de 867.

Un fichier toponymique des Archives Départementales des Ardennes mentionne : "Le moulin de Nabruay semble être en lieu qu'on dit en Abru Haye. Abru ou Albruy serait donc un nom donné autrefois à une contrée d'une certaine étendue". Le lieudit "Albruy" existe aussi à Gespunsart.

"Sur le territoire de Thilay, dans le bois des Grandes Hazelles, à 1200 mètres au N.O du Chêne Chaudron, on voit encore quelques restes de murailles qu'on dit être les ruines de l'ermitage d'Albruy."

D'après une tradition évoquée par une "minute" de notaire, les habitants de ce hameau auraient pour la plupart émigré à Nouzon et les derniers habitants auraient été noyés en passant la Meuse pour aller en pèlerinage (à Saint Vivent de Braux ?) ...

Les papiers de justice de Château-Regnault mentionnent en 1619 les "waibes et bois du Chesne Abreux et de Robessart".

B

Borne d'enfer : (ou "borne d'affaires" selon certains)

Site d'une ancienne borne qui marquait la limite de trois villages : Thilay, Gespunsart et Hautes-Rivières. Les gens du pays s'y rencontrèrent avec les Prussiens en 1815.

Cabane des pêcheurs :

Le site d'une ancienne cabane de pêcheurs de saumons se trouverait face au camping du Faucon à Nohan au pied des Dames de Semoy. La rivière était autrefois riche en saumons et les berges étaient parsemées de baraques de pêcheurs, d'où l'origine probable du mot "baraquins", nom donné aux habitants de Monthermé. Une autre version attribue l'origine de ce mot à la présence de baraques de carriers.

Barrage à poissons sur la Semoy.

En 1774, plusieurs pêcheries de saumon étaient recensées sur la vallée de la Semoy. Des barrages existaient notamment à Bohan, Haulmé, Monthermé (l'un près de l'abbaye de Laval-Dieu et l'autre à hauteur du Champ du Trou) et à Nohan, probablement dans la boucle du Faucon où l'on note d'ailleurs la présence du lieudit "La Vanne".

 

Camp allemand de la Croix-Scaille :

Construit vers 1943 par les Allemands qui utilisaient largement la main d'œuvre locale, ce camp a abrité des prisonniers alliés, mais à la fin de la guerre, les rôles ont été inversés. Ainsi, ce sont les occupants qui y ont été à leur tour enfermés. Selon le témoignage de M. Serge Gatier de Monthermé, près de 2000 prisonniers allemands ont séjourné à la Croix Scaille.

Edifié sur le toit de l'Ardenne, ce camp aurait pu avoir pour but d'accueillir une rampe de lancement pour avions  sans   pilote  destinés  à  bombarder l'Angleterre.

 

Devant le camp de prisonniers : Serge Gatier, Joseph Battistin et ...  Marbaise. On aperçoit le canon du fusil mitrailleur sur le mirador en haut à gauche. Ph. M. Serge Gatier.

 

Les fondations des baraquements, des murs en briques, des marches en béton et un abri pour groupe électrogène sont encore visibles au sommet du chemin de la Papeterie.

 

Cense Margot :

Les censés telles que la Cense Margot et la Cense Wachelot désignent les fermes. Ce terme est très répandu dans les Ardennes pour désigner des écarts et des lieudits.

Aujourd'hui disparue, la ferme de la Censé Margot figure sur la carte topographique de 1812 relative à l'aménagement des bois de Thilay. Elle se situait au-dessus de Narbruay. En 1900, la Censé Narbruay et la Cense Margot comptaient 18 habitants.

 

Champ Bernard :

Cette clairière d'un hectare a été défrichée au carrefour de six chemins ancestraux dont l'un pourrait être romain.

Plusieurs familles de gardes ont habité cette maison forestière inaugurée en juin 1881 et destinée à héberger le "garde du triage n° 22".

De 1954 à 1957, la famille de M. Albert Paris a succédé à celle de M. Stiegel venue du Bas-Rhin. A cette époque, une éolienne fixée au sommet d'un pylône assurait l'alimentation en électricité et le puits creusé en bordure du chemin de Nohan ne tarissait jamais.

Les enfants étaient scolarisés à Nohan où ils se rendaient à pied le matin avant de regagner le logis à l'issue de la journée de classe. Le facteur qui assurait lui aussi par tous les temps la tournée par le Champ Bernard et la Dauphiné méritait bien sa tasse de café chaud après avoir livré le courrier et les "nouvelles fraîches" sur les Hauts.

En 1990, l'avenir semblait bien sombre pour la maison sans cesse vandalisée. Rappelons qu'en 1915, la frontière passait par le Champ Bernard. Les occupants avaient construit un réseau de fils barbelés et la maison forestière fut privée de toutes ses boiseries transformées en bois de chauffage.

Puis la société de chasse de Thilay entreprit des travaux de restauration en guise de location à l'ONF. Dernièrement, les sociétaires de la "Biche de la Semoy" ont à nouveau retroussé les manches. Le rez-de-chaussée a été entièrement remanié avec suppression du mur central, isolation des autres murs et aménagement d'une cheminée à l'âtre au centre de la nouvelle pièce.

 

Château de Linchamps : voir bulletin n°16

Cette forteresse a été édifiée en 1541 par Jean de Louvain qui fit alliance avec le roi de France François 1er dans la guerre qui l'opposait à l'empereur Charles Quint. Après 1544, la paix étant revenue, Louvain fit payer tribut aux habitants de la région en échange de leur protection et il rançonna les bateliers qui naviguaient sur la Semoy.

La forteresse de Linchamps fut finalement détruite sur ordre du roi de France Henri II. 

Chêne   à l'image :

Arbre plusieurs fois séculaire qui existait à ce carrefour entre les Dames de Semoy à Nohan et le vallon de Narbruay. Selon Meyrac, il servait autrefois de point de repère aux "excursionnistes". Il fut incendié par un vandale et il brûla en même temps que l'image pieuse à laquelle il servait de support.

 

Chêne de la Taille Buffet :

Cet endroit constitua pendant quatre siècles un nœud de communications. Situé à 20 mètres de la limite avec Les Hautes-Rivières, ce chêne fut recensé dans un recueil national des arbres remarquables .

Plantés sur le même chemin de plateau, le chêne à l'image et le chêne Buffet étaient peut-être deux "collègues".

 

Chêne Chaudron :

Bien altéré par le poids des ans et la rigueur des hivers,   ce chêne séculaire s'élève    P encore derrière la maison forestière du "Loup"

II disparaîtra un jour comme ses  frères aînés dont seuls les noms subsistent sur les cartes d'état-major.

 

Chènevière : ("chennevière" dans l'ancien français)

Ce lieudit se trouve à l'entrée de Naux entre la Grand'rue et la Semoy. Une chènevière est un champ dans lequel on cultive le chanvre. On utilisait autrefois le chanvre à l'état pur pour confectionner du linge (torchons) ou mélangé à du lin. Le rouissage permettait de dégager les fibres de la tige en les maintenant dans l'eau. De nombreuses chènevièves existaient jadis dans notre village, ainsi que le prouvent les "minutes" de Maître Hureau, notaire à Gespunsart :

- à Thilay : chennevières au Courtil Amand (1676) et à la Motte (1688).

- à Navaux : chennevières au noir cul (1678) et au lieudit les Hermittes (1668)

 

Croix :

- Croix près de la maison forestière de la Neuville-aux-Haies.   Sur cette croix en pierre érigée en la mémoire d'un charretier écrasé par son attelage, on peut lire : "Ici est mort le 5 juillet 1819 Pierre Dominé. Requiem".

- Croix du moulin de Naux : l'origine de cette "croix du meunier" est assez floue. Un crime aurait été commis sur ce chemin d'accès au moulin mais les versions divergent.

Inscriptions gravées dans la pierre : "Ici a été décédé Louis Hénon le 1 de septanbre!736".

 

D

Dames de Semoy :

Cet escarpement rocheux, haut de 150 mètres, plonge dans la Semoy au Faucon. L'origine du nom est due à la ressemblance du site avec celui des Dames de Meuse à Laifour où, d'après la légende, les épouses infidèles des chevaliers partis en croisade auraient été transformées en rochers.

 

Dauphiné :

En 1620, un titre de bail est accordé à "Jehan Maiziere pour 24 arpents de bois au triage de Daulphiné à la charge de les convertir en nature de termes labourables et prés et d'y construire maisons, le détenteur de laquelle serait exempt du droit de guet en payant cinq sols par an à Son Altesse." Les habitants de Thilay et Basses-Rivières contestèrent cette exemption qui fut confirmée en appel par la Justice de Château-Regnault.

La Dauphiné de Thilay est mentionnée dans un document d'arpentage en 1629.

Au milieu du 17ème siècle, il existait à Sorendal une famille Daulphin qui pourrait avoir donné son nom à la censé de ce nom.

Cet ancien village d'agriculteurs, d'ébénistes et de fabricants de balais était construit en bordure d'une vaste clairière. En 1900,.la Dauphiné comptait 13 lieudits et 23 habitants. De nos jours, seules subsistent les ruines des maisons et de la fontaine de Norgoutte ainsi que les vestiges des haies.

Bahut des Six-Chênons fabriqué par Ovide Bourguignon.

Au fil des années, le site s'est dégradé à cause des intempéries et des "prédateurs" dont le seul souci était de récupérer des matériaux à bon compte.

Voici quelques décennies, la société de chasse des Hautes-Rivières avait fait débroussailler et labourer un hectare de terrain pour y semer de l'avoine. Cette opération destinée à maintenir le gibier sur place a été reconduite plusieurs fois.

 

Desnigel :

C'est un ruisseau qui descend du Chamois et qui passe derrière le cimetière de Thilay. Desnigel signifie "ne gèle jamais".

E

Ecaillère :

Les écaillères ou verdoux sont des amas de débris de schistes témoins d'anciennes exploitations d'ardoises.

A Nohan, le ruisseau de l'Ecaillère se jette dans la Semoy sous l'un des aqueducs en pierre construits lors de l'aménagement de la voie ferrée. A cette-époque, la construction des murs de soutènement et des viaducs a nécessité une énorme quantité de pierre et les carrières locales étaient en pleine activité.

En contrebas du Champ Bernard subsistent les superbes parois verticales d'une ardoisière à ciel ouvert.

A l'Ecaillère, le Père Margot et son épouse vivaient dans l'un des wagons de voyageurs qui desservait autrefois la vallée. Les anciens de Nohan se souviennent de ce grand homme coiffé d'un béret et juché sur son vélo.

F

 

Four à chaux :

Le calcaire noir, très dur, pétri en lamelles d'Entroques et contenant du quartz, était exploité à Naux sur la rive droite. Après calcination, il était utilisé comme plâtre-ciment sous le nom de "chaux de Naux".

L'origine du lieudit  "Chaufour" provient du four à chaux.

L'almanach Matot Braine de 1901 stipule : "Le département ne possède pas de ciments naturels, et l'emploi de chaux comme plâtre ciment serait d'une grande importance, selon des ingénieurs expérimentés, surtout si elle était traitée convenablement. La chaux que l'on obtient par la calcination ordinaire durcit instantanément quand on la gâche avec une petite quantité d'eau : c'est ce quartz qui constitue la silice, laquelle donne à cette chaux sa propriété hydraulique. A un kilomètre au nord de Naux, on rencontre un lit mince d'oxyde de fer hydraté compris entre les schistes qui affleurent au sol. On l'avait exploité naguère pour les forges de Linchamps. Divers autres bancs ont été découverts à un niveau inférieur, mais la pyrite était tellement abondante que le minerai extrait a dû être abandonné à l'air libre et il s'est rapidement couvert d'efflorescences de fer sulfaté.

 

Four à pain :

Cette construction peu ordinaire (four sur pignon, construit hors de la pièce au premier étage) existe toujours rue de la Semoy à Nohan et il constitue un précieux témoignage du passé.

 

G

 

Gillaru :

Bois sur Thilay près de la Dauphiné (d'après la carte de Vendol)

- Gilleharuz (1629) : coupe de 100 arpents 5 verges, tenant à la Censé de la Dauphiné et aux aisances de Thilay (papiers de justice de Château-Regnault).

- Gilharu (1628) : coupe de 99 arpents 40 verges.

Gire :

Ensemble paysager pittoresque centré sur l'ancien moulin, le torrent et les escarpements rocheux qui l'encadrent. Ses sites furent immortalisés par le peintre Boulanger venu s'installer à Naux entre 1884 et 1886.

 

H

 Herdage :

Mot d'origine allemande ("die Herde" signifie "le troupeau"). Endroit où pâturaient vaches, moutons et chevaux du village.

Près du Roc la Tour existe encore un abri constitué d'une grosse dalle en pierre utilisable   par une seule personne pour se protéger de la  pluie.   Les  journées   devaient   sembler  très  longues et elles laissaient le temps aux herdiers de   graver   des   motifs   décoratifs   ou   des  inscriptions dans la pierre ou dans des objets en bois.                                                                                   

Exemple  d'inscription   :   JB   Martin   de  Tournavaux. 1849.

 

L

 

Lavoirs :

Le bulletin n°7 est consacré aux "fontaines "de notre village.

La présence de bacs en béton construits sur le Nantanru face à la "cabane noire" de Famont en bordure de la route forestière du Champ Bernard intrigue les promeneurs.

Ces bacs ont été aménagés par les Allemands au cours de la guerre 14-18 pour servir sans doute à la fois de lavoirs pour les soldats et d'abreuvoirs pour les chevaux. Un bac de ce genre existe également dans les collines des 4 Fils Aymon. Il s'appelle d'ailleurs la "fontaine des boches". 

Liris :

Affleurement rocheux et superbe point de vue sur la Semoy à Nohan et sur le Nantanru.

-On y accède à partir du chemin qui débouche sur la route forestière du Champ Bernard (à hauteur du panneau d'information). Cette promenade vaut vraiment le détour car le chemin d'accès n'est ni escarpé, ni accidenté.

M

Maladrerie :

Au Moyen Age, la lèpre et la peste décimaient la population. Au 13ème siècle, on comptait en France au moins 2000 léproseries ou maladreries. De telles constructions furent nombreuses dans les Ardennes qui n'étaient pas épargnées par ce fléau. Edifiées à l'écart des villages pour limiter les risques de contagion, les maladreries abritaient les lépreux. ,

A Thilay, le lieudit "La Maladrie" se trouve à l'extrémité nord du village, à proximité des "Ondes" en direction de la passerelle de Naux.

 

Minières de Naux :

Excavations correspondant à d'anciennes exploitations de minerai de fer à ciel ouvert. Le minerai alimenta pendant un temps les hauts fourneaux de Linchamps. Il est probable que cette industrie soit antérieure au 16ème siècle.

Le minerai se présentait sous forme d'un lit mince d'oxyde de fer hydraté pris en sandwich entre les schistes qui affleurent au sol. Ce minerai était très pyriteux et à faible teneur en fer, si bien que les minières ont été abandonnées.

 

Monuments :

• Monument Rousseau : altitude 250m.

Ce monument situé dans un vallon abrupt qui aboutit dans la vallée de l'Ours au-dessus de Linchamps a été édifié à la mémoire d'un nommé Rousseau tué lors d'un accident de chasse. La croix du monument est entourée par plusieurs grands thuyas dont l'un n'a pas survécu aux dernières tempêtes.

 

Monuments au cimetière de Thilay :

Lors de la restructuration du cimetière de Thilay, plusieurs stèles ont été volontairement épargnées.

Antérieures à l'année 1900, ces pierres verticales en marbre blanc et en pierre de Lérouville ont été gravées et sculptées par M. Héliodore Evrard, statuaire à Thilay.

Morimont :

Entre les vallons de la Gire et de Nantanru, au-dessus de la route forestière du Champ Bernard, le Morimont pourrait désigner un ancien cimetière mérovingien. ("mont des morts" ?)

 

Motte :

Une motte est un monticule d'observation sur lequel on élevait à main d'homme une tour en bois. Au Moyen Age, les sentinelles se relayaient pour prévenir les attaques fréquentes à l'époque.

La rue de la Motte doit son nom à une motte féodale qui aurait surplombé le village à proximité du cimetière actuel de Thilay (voir photo de couverture)

Le site d'une autre motte "castrale" (du mot "château") semble exister au-dessus de la route du Loup entre Devant Thilay et le virage de Miremont.

 

Moulins :

 Après 1870, les moulins à eau qui servaient à actionner une meule ont été reconvertis dans la métallurgie en actionnant ensuite une turbine ou un soufflet.

Moulin de la Gire : Site paysager très pittoresque dans lequel subsiste le logement du meunier qui a été restauré avec goût.

A Naux, il existait autrefois deux moulins sur la Gire et un moulin actionné par la rivière. A ce sujet, en période de basses eaux, comme c'était le cas cet été, on peut encore distinguer les vestiges de la digue qui canalisait l'eau en amont de la passerelle et de l'embouchure du ruisseau.

Moulin Mangon : Le moulin à eau des boulonneries Mangon et Rousseau utilisait l'eau du vallon où a été construite la fontaine Pasteur ainsi que l'eau du ruisseau Desnigel.

Un canal aménagé à flanc de coteau permettait de faire tourner une roue de fort diamètre grâce à une petite chute d'eau. A l'époque, les digues et les vannes étaient entretenues avec minutie.

Actuellement, lorsque l'on emprunte la rue du Moulin à Thilay, on peut observer les vestiges de cette roue : emplacement creusé dans la roche, échelle métallique en arc de cercle, imposant palier en pierre bleue de Givet et quelques arches maçonnées en briques.

Moulin de Nohan : Site d'une occupation néolithique. Lieu de découverte de nombreux outils ou silex dans la terrasse alluviale (hache polie et pointe de flèche).

L'arrivée d'eau au moulin est souterraine (aqueduc en pierre) depuis la boucle du Faucon. Un "chemin des farines " existe à proximité du moulin sur la carte d'Henri Dominé.

Moulin de Navaux : En 1855, le docteur Georges Rousseau fonda une usine dans l'ancien moulin de Navaux. Le moulin existait déjà à la Révolution, îl fut remplacé par une scierie puis vers 1867 par une boulonnerie.

 

Au début du siècle, cette annexe de l'usine Mangon et Rousseau bénéficiait de l'énergie fournie par la rivière grâce à une turbine dont les vestiges sont encore visibles dans le canal de dérivation.

« Moulin de Narbruay (ou Nabruay) : Cet ancien moulin mu par le ruisseau de la Passe fut transformé en usine en 1857 avant de devenir une résidence privée puis le restaurant actuel.

 

N

 

Nantanru :

Ce ruisseau prend sa source dans les coupes de la Dauphiné. L'origine de son nom est due au vocable "on entend ru". "Nant" signifie également "ru".

Ce vallon pittoresque et encaissé est dominé par des escarpements rocheux du poudingue gédinien.

 

P 

Passerelle de Naux :

Construite en 1900 pour relier la petite gare au village, cette passerelle a remplacé un bac qui unissait les deux rives. Quelques maisons existaient autrefois sur la rive droite. A proximité du viaduc, quelques bornes en pierre bleue sont encore visibles. Ces bornes servaient à guider les charretiers lorsque le niveau de l'eau était assez élevé.

 

Pierre à la Loutre :

 

Ce bloc de schiste situé en bordure de la Semoy, le long de l'ancienne voie ferrée, face à Naux, est bien visible, surtout en période de basses eaux.

L'emplacement d'un piège aux mâchoires circulaires avait été creusé au burin et le trou central empli d'eau recevait les poissons servant d'appât. Lorsque la loutre voulait s'emparer de son repas, les puissants ressorts du piège à palette se détendaient. La queue du dispositif était fixée au rocher et empêchait toute fuite de l'animal blessé.

En juin 1996, M. Jean-Pierre Pénisson a fait paraître dans la revue "Terres Ardennaises" un article très technique sur la présence de la loutre dans nos rivières. Ce mammifère parfaitement adapté à la vie aquatique, d'une longueur de 80 à 140 cm, occupait un territoire pouvant s'étendre de 5 à 10 km le long du cours d'eau.

Vers 1850, M. Papier de Naux piégeait les loutres sur la Semoy. Le piège était tendu sur le passage (coulée ou toboggan).

M. Jean Camus est fort documenté sur ce sujet puisqu'il a été l'un des derniers piégeurs. En 1952, sa dernière loutre a été capturée dans les rochers de Navaux près de Chantrennes.

La capture déclarée à la mairie permettait de recevoir une prime et de conserver la peau de l'animal achetée à bon prix par les fourreurs de Charleville.

Un autre témoignage est celui de M. André Cunin qui se souvient avoir observé en 1938 une loutre à Thilay au lieudit "la Maladrie".

La disparition de cet animal très sensible à l'équilibre naturel se situe entre 1950 et 1956 en ce qui concerne la Semoy et la Meuse.

 

Poissons :

« Les trois poissons représentés sur la façade d'une maison située au bout du pont de Thilay pourraient avoir un lien avec l'auberge tenue jadis par les parents d'Arthur Connerote (ancien maire de Thilay).

Selon Mme Christiane Sauvage, les 3 poissons symbolisent les 3 frères de l'auberge dont Arthur et Auguste. Cette hypothèse est d'autant plus vraisemblable que dans son courrier du 4 février 2003, M. André Cunin avait reproduit le panneau de couleur ocre peint sur la façade avant rénovation (voir bulletin n° 21). Ainsi, on pouvait lire autour du motif aux trois poissons :

• Un bac taillé dans la roche existe encore en bas de la rampe métallique aménagée depuis le pont jusqu'au pied de cette maison. Ce bac empli d'eau fraîche toute l'année pourrait avoir servi de vivier à poissons à une époque où la pisciculture n'existait pas.

 

Ponts de la Semoy : (voir bulletins n°  5 et n° 11)

En période de basses eaux, certaines piles des anciens ponts émergent. Ainsi, à Thilay, une pile du pont de 1865 a été apparente tout l'été. La partie inférieure de cette pile comportait une énorme pierre taillée en forme de brise-glace vers l'amont (voir carte postale ci-dessous). Ce pont en pierre possédait également un superbe garde-corps en fonte ajourée. L'ouvrage a été dynamité lors de la guerre, mais quelques morceaux du parapet ont été récupérés dans le lit de la Semoy par M. Jean Soleil à une vingtaine de mètres en amont du pont actuel.

Vestiges de l'une des piles...et du garde-corps.

 

Pré aux chaînes :

A l'époque de Jean de Louvain et du château de Linchamps, une lourde chaîne métallique reliée à une borne plantée en rive gauche côté Newet barrait le cours de la rivière, interdisant aux bateaux de passer sans payer tribut. Chaîne et borne ont disparu. Le péage institué par le seigneur existait au sommet de l'éperon formé par la roche taillée.

Une chaîne identique aurait existé sur la Meuse, au pied du château des 4 Fils Aymon qui fut détruit entre 1687 et 1689 par Louis XIV. Une rue de la Chaîne existe d'ailleurs dans le "petit Bogny" entre le fleuve et la rue Jourde.

 

Pré l'Hermite :

D'après Meyrac, les chanoines de Braux avaient voulu créer un centre de population en un lieu situé entre Nouzon et Hautes-Rivières afin d'y rassembler les populations éparses du voisinage. Ils y avaient édifié un autel ou une chapelle que l'un d'eux desservait. Pendant longtemps, cette chapelle servit de paroisse, mais le Pré l'Hermite ne s'étant pas peuplé, la paroisse fut transférée à Failloué. 

R

Rang de la Truie :

"Rang de la truie" signifie en patois "cabane à cochon". En 1901, les Six Chénons et le Rang de la Truie comptaient 10 lieudits et 21 habitants "au couchant du côté des Voieries" à l'altitude de 424 m (Matot Braine 1901)

Cet écart de Thilay abritait autrefois une maison forestière. La wèbe de "la ran de la Trouie" est mentionnée en mars 1686 dans une minute de Maître Scaillette, notaire à Château-Regnault.

Rayvis :

A la Dauphiné.

En wallon, ce mot désigne un lopin de bois privé. Autrefois, les rayvis étaient cultivés par leurs propriétaires. Depuis des décennies, ces terrains situés aux abords de la forêt sont devenus incultes et se sont reboisés. Ces multiples parcelles figurent toujours sur le cadastre communal, mais elles sont difficilement repérables sur le terrain, ce qui ne facilite pas la tâche des héritiers.

Des vestiges de clôtures existent pourtant encore à certains endroits. Ainsi par exemple, à la Dauphiné, des haies de charmes et des rangées de fils ronds en acier subsistent.

Dans le vallon du ruisseau de Narbruay, de nombreux murets en pierres sèches, maintenant isolés en pleine forêt, barrent toute la largeur de la gorge. Ils servaient à délimiter les parcelles mais aussi à retenir l'eau pour permettre l'arrosage des cultures. A certains endroits, des ouvertures pratiquées à la base des murets jouaient le rôle de trop-plein. Là aussi, des piquets et des fils métalliques complétaient les clôtures.

 

Redoute :

 

Dans les précédentes rubriques "Patrimoine culturel", les fouilles pratiquées à la Redoute du Chêne Chaudron par M. Pénisson et les élèves du Collège "Les Deux Vallées" ont été évoquées.

Précisons que la France avait construit 25 redoutes sur les rives de la Semoy pour défendre la frontière. De tels ouvrages qui devaient empêcher les "coups de main" existaient à Laval-Dieu, Tournavaux, Thilay, Failloué, Membre, Mouzaive, Allé, Poupehan, etc... Ces redoutes, en temps de guerre, étaient gardées par cinq ou six villageois réquisitionnés dans un certain rayon et qu'on armait de fusils conservés dans un dépôt central. Il y avait, en outre, des compagnies de fantassins réguliers chargées de se porter au secours des fortins en cas d'alerte.

 

Robersart :

 

Construite face à l'éperon rocheux du Château de Linchamps et en aval de Néwet, la ferme de Robersart fut plusieurs fois incendiée et reconstruite.

"La Censé Robesart consiste en bâtiment, jardin, prés, terres et une pièce de bois contenant environ 60 arpents, Nicolas Lefebvre à Trigne la donne à bail pour douze ans à Martin Manquillet, manouvrier a Nohan le 27 janvier 1687." (minute de Maître Scaillette).

Cette ferme figure sur la carte de 1812 et sur celle de 1830. Elle cessa d'être habitée vers 1873.

 

Roche Jojo :

La route qui serpente de Nohan au Champ Bernard passe par la roche Jojo. Comme aux Corpias, l'homme a entaillé la pierre pour permettre le passage de la chaussée. Le contraste entre la masse énorme du bloc de schiste et l'empreinte minuscule des outils utilisés prouve une fois de plus la ténacité de nos anciens. La trouée actuelle est due au travail des chômeurs en 1936.

Anecdote : Cultivateurs l'été et menuisiers à la mauvaise saison, les Bourguignon demeuraient à la Dauphiné. En dernier, lorsque Charles avait besoin d'un coup de main, par exemple lorsqu'une vache était sur le point de vêler, il courait jusqu'à la "roche Jojo" et de ce promontoire, il appelait M. Raoul Brouet dans la vallée.

Roche au cheval :

C'est le nom donné à un escarpement rocheux situé à Naux le long de la Gire en raison de sa physionomie ou d'une légende qui lui est attachée.

 

Roche au Pihû :

Celle-ci surplombe Thilay entre la côte du Loup et le vallon de Narbruay. On accède à ce superbe point de vue à partir de la route du Loup à hauteur de la route de l'Herdage.

Il existe une légende de la Roche au Pihû. Elle a été créée de toutes pièces par les élèves du Cours Moyen de la classe de M. Ladouce au cours de l'année scolaire 1996-97 dans le cadre d'un atelier Lecture-écriture. En voici l'épilogue :

Roche aux boulets : (Château de Linchamps)

Des traces sur le rocher peuvent faire croire à l'impact des boulets de canon lors du siège du château de Linchamps. En réalité, il n'en est rien, car ces traces sont dues à un phénomène d'érosion naturelle.

Roche du sel :

Cette roche située sur le territoire de Naux est mentionnée dans un document d'archives datant de 1581.

Roche d'or : (à Naux)

Ce sont des rochers particulièrement colorés en jaune par une espèce de lichen. Ce site a été peint et mis en valeur par Monet lors d'un séjour dans notre région.

Sentiers de la Semoy :

Les Offices de Tourisme et les Syndicats d'Initiative n'existaient pas autrefois mais des précurseurs tels que Mrs Henri Dominé et Maurice François à l'échelon local ainsi que M. Henri Manceau à l'échelon départemental ont laissé des écrits précieux sous forme d'articles, de monographies et de plans commentés.

En plus du dépliant présenté en début de rubrique, M. Dominé avait notamment dressé une carte de la vallée de la Semoy où figuraient les terrains de camping, points de vue, endroits poissonneux, difficultés de canotage, moulins, routes et sentiers.

 

Six Chênons :

C'est un bel ensemble paysager de plateaux, organisé autour d'une prairie pâturée. La ferme de M. Jean Doudoux et de sa famille a été édifiée dans cette vaste clairière. Rappelons que les Six Chênons et le Rang de la Truie totalisaient 21 habitants en 1900.

C'est dans la fontaine-lavoir de ce hameau que les gardes nationaux de Thilay cachèrent leurs armes en 1870 lorsqu'ils furent convaincus qu'ils ne pourraient vaincre des détachements prussiens envoyés en éclaireurs dans cette région.