L'eau

L'EAU

Composée de deux atomes d'hydrogène et d'un atome d'oxygène, la molécule d'eau est indispensable à la vie cellulaire sous toutes ses formes ; une baisse de 20 % de la teneur en eau suffit à entraîner la mort d'un tissu végétal ou animal. Mais l'eau n'a pas seulement une importance biologique, car elle a également joué, sous divers aspects, un rôle fondamental dans l'évolution socio-historique de l'humanité. Ainsi, les fleuves et les océans, utilisés comme moyens de communication, ont servi de véhicules a des échanges de tous ordres. La rivière Semoy était elle-même autrefois utilisée comme moyen de transport, et des embarcations à fond plat parcouraient ses méandres.

Sous forme de pluie, de brouillard, de neige, l'eau intervient dans toutes sortes de phénomènes atmosphériques qui forment, au fil des saisons, le décor de notre vie quotidienne.

Selon la nature des terrains qu'elles rencontrent, les eaux de pluie, mais également celles qui proviennent de la fonte des neiges, peuvent s'écouler à l'air libre ou pénétrer dans le sol. Dans le premier cas, la plus grande partie d'entre elles finissent par rejoindre la rivière ; dans le second, elles vont alimenter les nappes aquifères ou phréatiques.

Par malheur, au cours de ces dernières années, la neige a fait défaut sur le massif ardennais, ainsi d'ailleurs que dans la plupart des autres régions de France où le manque de pluie et de neige a posé de graves problèmes, le niveau des cours d'eau et des nappes phréatiques diminuant au fil des mois. Au lendemain de cette période de grande sécheresse, nous nous sommes penchés sur le problème de l'alimentation en eau potable dans notre village depuis autrefois jusqu'à nos jours.

 

  • QU'EST-CE QU'UNE EAU POTABLE ?

Selon le décret 61-859 du 1er août 1961, "toute eau livrée à la consommation humaine doit être potable. Elle remplit cette condition lorsqu'elle n'est pas susceptible de porter atteinte à la santé de ceux qui la consomment."

 

  • PUITS ET FONTAINES :

Autrefois, les habitants du village s'approvisionnaient en eau potable grâce à des puits creusés soit sous la cuisine, soit dans le jardin.

Beaucoup d'habitations possédaient un puits à l'intérieur de la maison ; cela tenait sans doute à la rigueur du climat. Ainsi, les habitants n'étaient pas obligés d'aller puiser l'eau dehors par tous les temps. De cette façon, grâce à la chaleur apportée par la maison, l'eau gelait moins souvent. Lorsque le maçon construisait le puits, quelques mètres étaient juste nécessaires pour atteindre la nappe d'eau, surtout à proximité de la Semoy. Le puits, maçonné en pierre du pays, se rétrécissait légèrement vers le haut.

Dans la cuisine, l'ouverture se trouvait au ras du sol ; l'eau était puisée au seau, et on refermait au moyen d'une trappe en bois.

Quand le puits était creusé dans le jardin, un treuil mû par une manivelle permettait de hisser le seau d'eau jusque sur la margelle.

Une exception à Naux : l'un des puits, construit dans l'espace réservé aux animaux, s'ouvrait par une porte en bois sur la façade.

  • L'ŒIL-DE-BŒUF :

Témoins dit passé...'

Il était souvent construit en même temps que le mur de façade. L'évier, qui prenait place dans l'épaisseur du mur, était taillé au ciseau en une seule pièce, et les rares "survivants" sont de toute beauté. La pierre très résistante ne provenait pas de la Semoy, mais de Bulson. Le "nez verseur" dépassait à l'extérieur, l'eau usée se déversant dans la rue par une rigole. Autrefois, l'évier était uniquement éclairé par le trou d'évacuation de l'eau. Puis est apparu l'ceil-de boeuf en même temps que les encadrements des portes et des fenêtres, l'ensemble taillé dans la pierre de Dom-le-Mesnil.

La fonction principale de l'ceil-de bœuf était d'éclairer l'évier ; les gens du pays l'appelaient communément la "beuquette", car elle permettait de faire la vaisselle en "beuquant" ce qui se passait dans la rue.

Le progrès aidant, la pompe à bras a ensuite complété le coin évier souvent surmonté d'un placard eachêne aux panneaux sculptés de façon sobre, mais du plus bel effet. Vers 1900, de nombreux foyers thilaysiens possédaient "leur" pompe en cuivre astiquée avec amour et qu'il fallait "rabreuver" chaque fois qu'elle se désamorçait.

Hélas, en 1914, les occupants ont confisqué toutes ces pompes en cuivre (ainsi d'ailleurs que les bougeoirs et divers autres objets) qui ont pris le chemin de l'Allemagne pour y être transformées en munitions. Des pompes en fonte ont remplacé ces véritables objets d'art très appréciés de nos jours par les amateurs d'antiquités.

  • L'EAU... DE TOURNAVAUX :

Avant la seconde guerre mondiale, chaque maison du village possédait son puits, mais celui-ci étant situé entre le "cabinet" du fond du jardin et l'alignement des tas de fumier sortis des nombreuses écuries, de sérieux problèmes de "contamination" (le terme de "pollution" n'était pas encore employé) se posèrent, aggravés par un problème de manque d'eau.

Le compte-rendu de la séance du Conseil Municipal en date du 23 septembre 1933 et présidé par M. Léon HUBERT, Maire, est sans équivoque à ce sujet.

 

Une décoration réussie.

 

Séance du 4 août 1934 : La source de Blossette est achetée à la commune de Tournavaux.

22 septembre 1934 : Le Conseil Municipal demande l'approbation de Monsieur le Préfet, et sollic

ite de l'Etat une subvention sur les fonds du Pari Mutuel.

18-30 juin 1935 :Le Conseil Municipal approuve les plans du projet d'adduction d'eau potable dressé par Monsieur DESPAS, Architecte. Il prie Monsieur le Préfet de "bien vouloir faire étudier si la création d'une seconde canalisation mère dans la traversée de Thilay (supplément de 40 000 F) ne pourrait être écartée, vu le peu de largeur de la rue, et vu la taille du chef-lieu communal.

Le Conseil Municipal attire aussi l'attention de Monsieur le Préfet sur "les traversées par les canalisations de la Semoy", lesquelles ne peuvent être effectuées que par période de sécheresse, et nécessiteraient de ce fait la mise en application aussi rapide que possible du projet.

1° août 1935 :Le Conseil Municipal s'engage à indemniser les riverains pour les dégâts qui pourraient leur être causés.

5 avril 1939 : Le Conseil Municipal prend connaissance de la lettre de M. le Ministre de l'Agriculture dans laquelle il ressort que le taux de la subvention accordée est fixé à 36 % et limité à une dépense de 810 000 F.

Monsieur le Maire rappelle que "les travaux d'alimentation en eau potable ont été envisagés dans le but d'occuper la main-d'œuvre en chômage. Le devis des travaux étant évalué en premier lieu à 959 500 F devra subir certaines modifications dans le sens d'économies à réaliser, notamment sur le prix de l'unité et la réduction du diamètre des tuyaux."

AVANT-GUERRE : CHATEAU ET BORNES-FONTAINES :

Les années 1933 et 1938 constituent les deux dates-clés de l'alimentation en eau potable du village. La phase active du projet esquissé en 1933 débute en 1938 par le captage de la source de Blossette. Les travaux de captage et d'adduction sont confiés à l'entreprise CASTELLO, rue... des Sources à Mézières.

Les ouvriers de cette entreprise spécialisée sont épaulés par une dizaine d'ouvriers thilaysiens qui ont été embauchés sur place. Dur est le labeur quotidien ! Avec un demi-siècle de recul, il est difficile d'imaginer que toutes les tranchées du village depuis Blossette jusqu'à Navaux ont été creusées à la pelle et à la pioche, à la grande joie des enfants qui sautaient dedans dès la sortie de l'école.

La traversée du gué de Navaux ne s'est pas effectuée sans problème ; il a fallu sectionner la rivière en plusieurs tronçons. Des sacs de sable amoncelés ont permis aux terrassiers et aux plombiers d'opérer, sinon les pieds au sec, tout au moins dans peu d'eau.

Pendant ce temps, les bambins de Navaux attrapaient à la main les poissons prisonniers de ces flaques d'eau providentielles.

Le château d'eau de Blossette.

 

En 1939, le château d'eau de Blossette est opérationnel, et il alimente Thilay, Navaux et Devant-Thilay. Le réseau se limite alors à l'alimentation des bornes-fontaines dont 3 à Navaux et 5 à Naux, ainsi que des particuliers en mesure de financer leur branchement.

A cette époque, les habitants ne gaspillaient pas l'eau, car se rendre à la borne du quartier par mauvais temps représentait une "corvée" que chacun s'efforçait de retarder.

Fin 1939, le spectre du conflit mondial apparaît. Lors de la séance du 17 décembre, Monsieur le Maire fait connaître au Conseil l'état des travaux interrompus par la mobilisation. "Les bornes-fontaines fonctionnent au chef-lieu de la commune et à Navaux. Restent la canalisation du gué de Nabruay et les branchements des particuliers et des écoles. La commune est exposée à l'évacuation, et la circulaire interministérielle du 5 novembre 1939 prescrit de surseoir opportunément aux fournitures et aux travaux intéressant les collectivités publiques que ne justifieraient pas les exigences de la situation..."

Le rude hiver 1940, très éprouvant pour les hommes et les animaux, n'épargnera pas davantage le réseau d'eau. La canalisation qui traverse l'ancien pont pour desservir Devant-Thilay se brise comme du verre, et les bornes-fontaines gèlent tour à tour malgré leur rudimentaire protection de paille et de sacs. Pour dégeler les bornes, les riverains doivent verser de l'eau chaude sur le piston. Heureusement, les fontaines de Thilay et des hameaux permettent de s'approvisionner en cas de rupture des canalisations.

 

NAVAUX, 1948.

 

APRES-GUERRE : L'EAU POTABLE SUR L'EVIER

En juillet 1948, le Conseil Municipal remet à l'ordre du jour l'ancien projet d'adduction de l'écart de Naux, "vu que la plupart des puits particuliers ne peuvent fournir que des eaux impropres à la consommation." Afin de se ravitailler en eau potable, les habitants munis de casiers à bouteilles se rendent au Nantanru, à la Gire, ou à la fontaine.

En novembre, Monsieur PINGAT, Ingénieur à Reims, est chargé d'établir un dossier technique, et d'assurer ensuite la direction des travaux.

7 septembre 1951 :Le Conseil Municipal décide d'assurer le passage de l'adduction d'eau sur le nouveau pont, afin de desservir les habitants de Devant-Thilay.

 

L'une des dernières bornes.

 

Le 7 avril 1953, Madame BONNEFOY, Maire, signe avec l'entreprise CASTELLO Frères un nouveau marché concernant le lot "Canalisations" des travaux d'amélioration du réseau communal, travaux interrompus depuis le début de la guerre 1939-45.

De la même façon qu'avant-guerre, une vingtaine d'ouvriers locaux ont trouvé de l'embauche chez l'entreprise CASTELLO, alors que le chômage sévit partout en France. En 1953, l'adduction de Naux devient réalité. Une équipe CASTELLO travaille dans le hameau, tandis que l'autre équipe raccorde les particuliers à Thilay et à Navaux. La commune finance l'installation jusqu'au compteur, le reste étant à la charge du demandeur.

Une différence considérable existe par rapport à 1938 : le matériel est à présent mécanisé. Ainsi, la tranchée Thilay-Naux est creusée, non plus à la bêche, mais grâce à une machine à godets conçue par les Anglais pour opérer sur les champs de bataille. Cet engin très performant muni d'un tapis roulant évacue la terre soit à gauche, soit a droite, et permet d'obtenir une tranchée à la fois profonde et rectiligne.

Par contre, la jonction du nouveau réseau et de l'ancien, au gué de Nabruay, pose les mêmes problèmes qu'à Navaux. Ainsi, les terrassiers doivent édifier un barrage constitué de tôles et d'argile, tandis que la grosse motopompe s'essouffle et rougit tellement elle chauffe. Il faut la laisser refroidir souvent, et les ouvriers ne peuvent pas travailler dans de bonnes conditions. Pour compléter l'adduction, de nouvelles bornes-fontaines sont installées : une à Naux, une à Navaux et deux à Thilay, sur la place et rue de la Roche.

 

  NQHAN, ULTIME ETAPE DE L'ADDUCTION :

Le 24 juillet 1953,"Le Conseil décide de demander à Monsieur l'Ingénieur du Génie Rural d'envisager l'adduction d'eau de l'écart de Nohan, hameau privé d'eau potable, et comprenant environ 100 ménages, et la construction d'une fontaine-lavoir dans le village". Non seulement Nohan ne possède pas de source capable d'alimenter efficacement le hameau, mais il est en plus séparé de Blossette par une distance de six kilomètres environ.

Le 10 septembre,le Conseil Municipal demande que la réfection du filtre et des bassins d'adduction soit faite cette année, et il charge le Génie Rural de la direction des travaux. Ce sont MM. COURTOT et RONFORT, d'Arras, qui établiront le projet d'amélioration du réseau.

28 décembre 1955 :"Le Conseil Municipal demande que le projet d'adduction d'eau du hameau de Nohan soit représenté dès que possible."

17 juin 1964 :Madame le Maire présente au Conseil Municipal le projet d'un montant de 360 000 F retenu au 4ème plan du Ministère de l'Agriculture. Ce projet est adopté ; il comprend le captage de la source du Chamois, la chambre à marbre et les canalisations.

Le 28 décembre 1965,l'entreprise BRIQUET de Charleville est désignée bénéficiaire des travaux "Ouvrages d'art" pour la somme de 28 792 F.

Le captage du Chamois venant compléter celui de Blossette, Nohan sera finalement alimenté à partir de Naux grâce à une canalisation en PVC de 90 mm de diamètre. Auparavant, seule la fonte était utilisée. Les joints étaient alors en plomb coulé dans un coffrage en argile avant d'être matés. La source du Chamois, dégagée à l'explosif, n'a pu être captée intégralement, car l'eau a modifié son cours en partie.

   LA TOILETTE DU SAMEDI

De nos jours, l'on ne saurait imaginer une maison neuve sans "salle d'eau", et les constructions "anciennes" s'équipent les unes après les autres d'une salle de bains.

Auparavant, la "grande" toilette du samedi avait lieu dans la cuisine. Porte fermée à clé et rideaux soigneusement tirés, les membres de la famille "défilaient" à tour de rôle dans la grande "bouilleuse" en tôle galvanisée emplie d'eau chauffée sur la cuisinière ronronnante. Bon nombre de Thilaysiens ont possédé la célèbre cuisinière "Lorraine" fabriquée à Monthermé, et qui était pourvue d'un réservoir d'eau incorporé, il suffisait d'actionner le robinet "quart de tour" pour obtenir de l'eau chaude.

A la belle saison, les riverains de la Semoy se rendaient à la rivière avec gant de toilette, savon de Marseille et serviette pour se "décrasser" après leur dure journée de labeur.

LA SECHERESSE DE 1976

Fuites sur le réseau ? Captage insuffisant ? Consommation accrue ? Toujours est-il qu'à partir de 1970, le manque d'eau commence à se faire sentir sur les éviers du village. Les habitants de Nohan et de Devant-Thilay sont les premiers touchés par les désagréments du robinet "récalcitrant". En 1976, la sécheresse qui s'abat sur tout le territoire plonge notre village dans une situation critique.

 

STATION DE POMPAGE OU EAU DE SOURCE ?

Une solution s'impose alors, et deux possibilités se présentent : soit renforcer l'alimentation existante en prospectant d'autres sources, soit envisager la construction d'une station de pompage.

Le 21 décembre 1979,le Conseil Municipal prend connaissance des devis proposés par

-  le B.R.G.M. pour des sondages à Blossette,

- la D.D.A. pour une station de captage de la nappe alluviale de la Semoy,

- le B.R.G.M. et un laboratoire de Nancy pour étudier la valeur quantitative et qualitative de la nappe alluviale.

La conclusion du rapport établi par l'Ingénieur hydrogéologue assistant à la Division Eau-Pollution-Ecologie, J.L. La CHAISE (voir bulletin n° 1 de mars 1980) est la suivante :

 

« En conclusion finale nous signalerons principalement que la nappe alluviale de la Semoy ne paraît pas devoir présenter des ressources importantes. Mais localement les débits qui peuvent en être extraits par pom­page : 20 à 30 m3/h sont de nature à assu­rer la satisfaction des besoins en eau des communes de la vallée, DANS DES CONDI­TIONS DE QUALITE SATISFAISANTE POUR LES USAGERS. »

L'Ingénieur hydrogéologue assistant à la Division Eau - Pollution - Ecologie, J.-L La CHAIZE.

 

Le 16 janvier 1980, après explications de M. GEIGER de la D.D.A., responsable de l'avant-projet, le Conseil Municipal décide, après une suspension de séance demandée par trois conseillers opposés au projet, de construire une station de pompage dans les "Longs Champs", le coût s'établissant à 900 000 F subventionnés à 30 %. Les travaux débutent en 1982. Ils comportent :

-  deux pompes immergées dans le forage,

-  2 réservoirs de 150 m3 à Nabruay,

-  une seconde canalisation en P.V.C. de Naux à Nohan par la Prée.

En 1983, la station est mise en service, complétée par l'alimentation en eau de source. Des "points noirs" subsistent malgré tout, et la Municipalité demeure très vigilante, car des variations de niveau aussi importantes qu'inquiétantes se produisent dans les réservoirs.

Les réservoirs de Nabruay.

Ainsi, les réservoirs de Blossette ont été entièrement restaurés en 1984 par une entreprise spécialisée.

L'an dernier, la "chambre à marbre" a fait peau neuve à son tour, suite à des fuites très importantes. Cette année, le captage du Chamois a été remis en état par les employés communaux, et nous avons pu traverser une année de sécheresse équivalente à 1976 sans manquer d'eau potable malgré la défaillance des "Longs Champs", les pompes ne pouvant tirer plus de 8 m3 /heure.

Dernier gros point noir : le réseau de distribution est cinquantenaire, et il réclame une attention soutenue, car une cassure en période sèche peut avoir de lourdes conséquences.

  • L'EAU ET LA SANTE

Afin de prévenir tout "accident", des analyses d'eau de type I (complètes) ou II (réduites) sont effectuées chaque trimestre aux deux extrémités du réseau, à Naux et à Nohan, ainsi qu'à la sortie de Blossette et du forage. Ces analyses permettent de conclure à la bonne qualité de l'eau distribuée suivant les normes bactériologiques.

  • L'EAU SUR LES "HAUTS" :

Aux Vieux-Moulins de Thilay et aux Six-Chênons, l'adduction d'eau n'existe pas, pour des raisons évidentes de dénivellation. Et pourtant, l'on n'y manque pas d'eau, même en période de sécheresse. Chaque maison possède un puits creusé dans la cave, et une pompe immergée se met en route "à la demande". Chose curieuse, la nappe d'eau, très peu profonde, est abondante malgré l'altitude et la configuration du relief. D'autre part, le niveau d'eau varie d'un puits à l'autre car les veines sont différentes.

  • L'AVENIR DE  L'EAU                                                                                                                                                                                                                                                                                                                   

Dans les Ardennes en 1981, la consommation domestique était comprise entre 70 et 200 litres par habitant et par jour. L'utilisation moyenne de l'eau dans les ménages en France est la suivante :

-  boisson : 1 %

- Toilette et cuisine :49%                                                                                                            I

-  chasse d'eau : 35 %

-  lavage (linge et vaisselle) : 10 % - - jardin : 5 %

Les progrès du confort et de l'hygiène contribuent à l'accroissement constant de la consommation. Ainsi, à Thilay, nous sommes passés en 17 ans, de 100 à 150 m3 par jour, et ces données ne feront qu'augmenter. "L'eau est la meilleure des choses" proclamait le poète Pindare au Ve siècle avant J.C. De fait, l'eau est certainement l'élément le plus utile et le plus indispensable sur terre, et il importe de ne pas la gaspiller. L'être humain, constitué de 2/3 d'eau, soit environ 65 % de son poids, a besoin de renouveler l'eau qui baigne ses tissus. L'eau n'est pas seulement indispensable aux organismes vivants, elle est aussi nécessaire à la vie économique d'un pays. Rien ne peut se faire sans eau, depuis la fabrication de l'acier qui nécessite 300 m3 de liquide par tonne jusqu'à la production de médicaments qui exige de 3 à 6000 m3 d'eau pour 1 tonne de produit.

Terminons par cette réflexion de Paul-Emile VICTOR, Président des expéditions polaires françaises : "Si la terre avait la grosseur d'une orange, toute l'eau du monde (océans, mers, cours d'eau, lacs, eaux souterraines, eau en suspension dans l'air et toutes les autres) ne représenterait, en volume, qu'une toute petite goutte déposée sur l'orange. Les 3/4 de cette goutte seraient composés d'eau de mer, salée, non consommable par l'homme. Un quart seulement serait de l'eau douce. Toute l'eau douce du monde serait donc représentée par une tête d'épingle enfoncée dans l'orange. Cette minuscule quantité d'eau douce n'a jamais varié. Elle est toujours restée la même. Elle parcourt un cycle immuable. Elle a été bue par les diplodocus, puis rejetée par eux, bue par les hommes et rejetée par eux. Aujourd'hui, les hommes la polluent au-delà de toute possibilité de récupération. Or, 1 % seulement - en réalité beaucoup moins - de cette minuscule quantité d'eau est plus ou moins disponible, 99 % sont sous forme de glace (90 % dans l'Antarctique, 8 % au Groenland, 1 % dans tous les glaciers de montagnes du monde). Alors ?

Alors, soyez prudents : l'eau douce est une matière de plus en plus rare. Economisez-la. Soignez-la. Elle vaut mille fois plus que le pétrole, car l'homme peut se passer de pétrole, mais il ne peut pas se passer d'eau. L'homme peut vivre 50 jours sans manger. Il meurt après 4 jours sans eau... !"

DOCUMENTATION :

 

-  "Terres Ardennaises", Fédération des Œuvres Laïques de Charleville-Mézières

-  "L'eau en Ardenne", brochure éditée par le C.D.D.P. de Charleville-Mézières

-  "Meuse, Semoy Goutelle", Association "Traditions et Innovations Métallurgiques Ardennaises"

-  Archives de la Mairie de Thilay.

Bulletin municipal N°8 de décembre 1990