La musique à Thilay suite

La musique à Thilay (suite)

Témoignages

Lysiane Pascolo, née en 1948

Mon père André Mahy a joué de la trompette à la Lyre de la Semoy dès son plus jeune âge. Les photos prises entre les deux guerres en témoignent. Ses frères  Vital  et René étaient également musiciens. On voit ces derniers sur les anciennes photos.

Je me souviens des fêtes à Thilay, où sur une estrade improvisée (chariot prêté par un cultivateur et décoré de branchages), il jouait avec d’autres musiciens (Pierre Aubry à l’accordéon, Jean et Bernard Hénon au saxophone de Monthermé et Vital Mahy entre autres) pendant les trois jours de fête, sans oublier les aubades du samedi, où accompagnés de la jeunesse, ils allaient de porte en porte proposer des jouettes aux habitants. Je pense que l’argent récolté servait à payer les musiciens pour le bal du mardi. Ma tante Claudine D’Agaro me racontait toujours qu’elle reconnaissait de loin la façon de jouer de mon père.

Lors des retraites aux flambeaux, après la disparition de la Lyre de la Semoy vers 1950, il était sollicité par la jeunesse du village pour parcourir les rues du village avec les jeunes gens effectuant de grandes farandoles autour des enfants portant leur lampion. Noël Laurent , Vital Mahy  et bien d’autres ont eux aussi animé ces manifestations.

Après la semaine de travail, les musiciens se retrouvaient le  week-end pour jouer sur les fêtes locales, Navaux et Thilay en particulier, mais aussi bien souvent en Belgique (Petit Fays, Gros Fays….).

La trompette, toujours reluisante, placée bien en vue sur la cheminée, ne manquait pas d’être utilisée chaque fois qu’une fête de famille se présentait. Je pense que sa dernière sortie fut Tournavaux lors de mon mariage en 1971. Qu’est-elle devenue ? Parfois, un autre musicien venait l’emprunter, sans doute a-t-il oublié un jour de la restituer à son propriétaire.

 

Les aubades de la fête à Thilay en 1955. Ph. Josette Hénon-Turquin

Jean-Claude Dupuis

D’origine italienne, Prosper Mansuet, né en 1886, a fait partie de l’Harmonie de Thilay. L’un de ses petits-fils, Jean-Claude Dupuis, conserve comme une relique le cornet à pistons fabriqué par Couesnon à Paris. Tourneur de formation, Prosper habitait 30 rue des Paquis et travaillait en face dans un petit atelier.

Témoignage de Nelly Hyat

Mon père a fait partie de l'harmonie municipale de Thilay où il jouait du saxophone. Son frère Jean, 94 ans à ce jour et une mémoire intacte, le décrit comme le premier musicien de la famille.

Vers les années 1945-1948 après la guerre, l'argent n'avait pas de valeur, et des dépôts étaient créés. Les gens déposaient des articles devenus inutiles et les offraient en échange. Mon oncle Jean (frère de mon père), comptable dans un foyer militaire en Allemagne (Achern), avait repéré un accordéon diatonique à échanger contre trois mètres de tissus. Revenu dans les Ardennes, il est allé à Bohan où il a pu acheter ladite marchandise. Par chance, les douaniers étaient absents. Il repartit par le train avec la précieuse marchandise et c'est ainsi que mon père se vit offrir son premier accordéon ! Passionné, il a appris seul à se servir de cet instrument.

De G à Dr : Noël Laurent,  Gaston Picart (HR) et Pierre Aubry Ph. Jean-Michel Pozzi

 

 

Un professeur de Montcy avait insisté pour qu'il se rende chez lui prendre des cours, mais faute de moyens, il n'a pu accéder à sa demande. Il lui arrivait de répéter avec André Mahy, chez ses parents, qui eux jouaient aux cartes avec Solange et Pol Badré. Ma grand-mère n'était pas très satisfaite, car c'était beaucoup trop bruyant.

Mon père a commencé les bals sur les fêtes dans les années 1950. Il jouait surtout en Belgique (Gros-Fays- Haut-Fays - Orchimont, etc) et jouait quatre jours consécutifs, du vendredi au lundi soir. Quand il revenait, en moto avec l'accordéon sur le dos, il croisait Maurice Pigeot qui partait faire sa journée à l'usine, à Hautes-Rivières.

Un jour, très fatigué, il s'est retrouvé dans la Semoy et en est ressorti avec des algues sur le phare de la moto...

En 1953, il y avait eu deux mois de grève. Tout était paralysé, mais il avait décidé de se rendre malgré tout en Allemagne, chez son frère Jean. Il lui envoya donc un courrier et partit un jeudi pour la gare de Monthermé, à pied, avec l'accordéon sur le dos, puisqu'il ne le quittait jamais. Arrivé là-bas, ne parlant pas un mot d'allemand, personne ne l'attendait. Le courrier n'était pas parvenu. Il n'y avait qu'un homme (M Dorigny, un français !), qui travaillait avec son frère un jour par semaine, le jeudi ! Le destin avait bien fait les choses, car ce dernier savait que mon oncle venait de déménager dans un village voisin et l'y conduisit ! Mon père ne le savait pas !

Il animait les soirées avec les deux frères Jean et Bernard Hénon de Monthermé, André Mahy de Thilay, puis plus tard avec Robert Coucharrière de Monthermé.

Il jouait également dans les cafés, comme il se faisait à l'époque. A Hautes-Rivières, il jouait à La Cigogne et chez Poirson, mais la concurrence était rude et les morceaux qu'il jouait dans l’un de ces deux établissements ne devaient pas être joués dans l'autre. Ils en conservaient l'exclusivité chacun.

L'accordéon faisait partie de chaque réunion de famille. Il était fréquent que les habitants de Navaux lui demandent de jouer un petit air, ce qu'il faisait bien volontiers.

Il ne partait jamais en vacances sans son instrument. L'ambiance était toujours présente.

Lors de son départ en retraite des Ets Faynot, il a fêté son départ en musique. M. Jean Thévenin était d'ailleurs resté émerveillé de sa façon de jouer, d'autant plus qu'il ne lui connaissait pas ce talent. Lors de l'enterrement de vie de jeune fille de sa petite-fille Vanessa, il a joué sur la route devant chez lui et a fait danser tout le voisinage.

Il a animé les premiers bals des Dolimarts, établissement bien connu de Bohan (Belgique), et a terminé sa carrière musicale en 1995, à Hautes-Rivières.

En fin de carrière, il possédait cinq instruments qui ont été précieusement conservés par ses enfants et petits-enfants. Il a insufflé le goût de la musique à son fils Jacky en l'initiant, et c'est maintenant son beau-frère José Hyat qui lui donne les conseils nécessaires. Sa petite fille Clémentine est également mélomane, puisqu'elle prend des cours de guitare.

Après la disparition de la Lyre de la Semoy, les musiciens se sont reportés sur des sociétés de musique voisines (Monthermé ou Les Hautes-Rivières).

Ces musiciens repassaient de Monthermé et s’arrêtaient boire un verre au café de la Place de Thilay avant de regagner le logis. Ainsi, sur la photo ci-après, Noël et plusieurs amis musiciens improvisent quelques morceaux à la grande satisfaction des clients présents.

Maryse Laurent

Passionné de musique, Noël jouait à Thilay ainsi qu’à Monthermé dans les fanfares qui existaient alors avec des effectifs importants. Le jour des répétitions et des cérémonies officielles à Monthermé, René Lallemand et son frère, industriels baraquins et eux aussi musiciens, effectuaient en véhicule le ramassage sur Thilay et Les Hautes-Rivières, les possesseurs d’automobiles étant moins nombreux que de nos jours.

Lors des fêtes patronales, Noël faisait le tour du village avec d’autres musiciens et les membres de la jeunesse qui proposaient des jouettes aux habitants sortis sur le pas de leur porte.

Les fêtes de famille étaient également l’occasion de sortir l’instrument de musique pour animer l’assemblée.

Jean-Pierre Fournier

La clique de Monthermé se nommait L’Etoile de Monthermé-Laval-Dieu, d’où les initiales MLD inscrites sur les bannières des tambours. Le président d’honneur était Pierre Gustin. Une étoile métallique était agrafée sur chacune des casquettes. Cette photo a été prise entre la gare et le monument aux morts lors d’un défilé à Thilay vers 1960. Alors jeune tambour, je défile derrière le porte-drapeau et Périco Navaro, clairon qui venait parfois renforcer la musique de Thilay. A l’angle du garage : Noël Laurent et sa trompette.

 

Quelques anecdotes

Cécile Béasse se souvient de l’orchestre des fêtes à Navaux installé sur un chariot garni de branchages. Vital Mahy faisait partie de cet orchestre ainsi qu’André Mahy qui interprétait en solo Les flots du Danube. Le soir, avant le bal, des chanteurs occasionnels accompagnés par les musiciens participaient à un crochet.

Selon Jean Lejeune et Yvette Delloux, Marcel Bozier chantait Les pieds de ma sœur à la Sainte Cécile lors des repas pris en commun avec les autres musiciens.

Joël Doudoux de Navaux racontait souvent que le Petit Noël Laurent, lorsqu’il partait au train à Charleville, emmenait sa trompette et jouait dans le wagon pour le plus grand plaisir des voyageurs. (Témoignage d’Yvette Delloux)

 

 

 

 LA BATTERIE-FANFARE

 

 

Debout en second plan : Jean Ygonin, Maurice Migeot, Ambroise Lecomte, Jacqueline Grégoire, Philippe Pilard, Michel Bertuletti, Luc Pilard,  Pascale Lecomte, Françoise Schérin, Noël Laurent.

Debout au premier plan : Christophe Pozzi, Jean-Pierre Papier, Vincent Warnier, John Dumont, Sébastien Laurent

Accroupis : Nathalie Fourreaux, Maryline Verdure, Murielle Verdure, Pascale Pozzi, Bruno Laurent, Fabrice Abraham et Pascal Pilard.

Cette photo a été prise le 4 juillet 1976 au pied du pont de Thilay. Les instruments utilisés sont clairons et tambours, les baguettes étant visibles sur l’épaule droite de leurs utilisateurs.

Maurice Migeot jouait de la cymbale, instrument de percussion et Jean Ygonin de la grosse caisse.

La tenue : chemise et pantalon foncés, cravate claire, fourragère sur l’épaule gauche et casquette bleu marine portant une lyre, symbole de la musique. Seul, Sébastien Laurent, fils de Noël, tout jeune à l’époque, ne porte pas encore la tenue. Plus tard, des cors de chasse vinrent avantageusement épauler les clairons.

Quelques documents :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 1976, le comité de la Batterie Municipale de Thilay se compose de :

Président d’honneur : Mme Marie Bonnefoy, Maire de Thilay

Président : Ambroise Lecomte

Vice-président : Maurice Migeot

Secrétaire : Jean Ygonin

Trésorier : Robert Pozzi

Membres : Noël Laurent, Jacky Warnier, Jean-Pierre Wastraete

Exécutants :

Clairons : Noël Laurent (Instructeur), Fabrice Abraham, John Dumont, Michel Bertuletti, Bruno Laurent, Fabienne Muller, Jany Pozzi, Pascale Pozzi, Murielle Verdure, Maryline Verdure, Gilbert Marcus, Wladislas Melka, Daniel Boloré.

Tambours : Jean-Pierre Wastraete (Instructeur), Vincent Warnier, Christophe Pozzi, Philippe Pilard, Luc Pilard.

Statuts

Article 1 : Il est formé conformément aux dispositions de la loi du 1er juillet 1901 entre les personnes physiques qui adhéreront aux présents statuts, une association à but non lucratif qui a pour titre : Batterie fanfare Municipale de Thilay. Sa durée est illimitée, son siège social est la mairie de Thilay, rue de la Naux à Thilay, il pourra être transféré en tout autre lieu sur décision du conseil.

Age minimum pour clairons : 9 ans, âge minimum pour tambour : 7 ans.

Article 2 : Engagement de chaque exécutant avec autorisation parentale pour un an minimum.

Article 3 : Prise en charge par les exécutants et leurs parents des instruments confiés.

Article 4 : Distribution des instruments ou reprise après avis du comité.

Article 5 : Tous les participants et les instruments seront assurés.

Tous les frais de réparation seront couverts par l’assurance ou l’exécutant suivant le taux de responsabilité à définir entre comité, assureur et exécutant.

Article 6 : Toutes les dégradations aux instruments seront à la charge de l’exécutant et de sa famille après estimation du comité.

Article 7 : Tout exécutant est tenu de respecter la discipline au sein de la société et d’avoir une tenue correcte lors des sorties (morale et vestimentaire).

Article 8 : Tout manquement aux diverses règles sera sanctionné sur avis du comité. Toutes récidives ou tous manquements pourront entraîner le renvoi pur et simple et sans appel ou une suspension avec restitution du ou des instruments.

Article 9 : La réunion du comité sera mensuelle et se fera à la salle des fêtes de Thilay. Les mêmes sanctions seront de rigueur pour chaque membre du comité.

Article 10 : Les répétitions se feront à la salle des fêtes de Thilay le lundi, mercredi à 18h30 pour les clairons, le vendredi à 18h 30 pour les tambours.

Article 11 : Un pointage sera effectué chaque fois, des sanctions seront prises pour tout retard ou toute absence non justifiés, après avis du comité.

Article 12 : Chaque membre du comité, chaque exécutant sera convoqué individuellement par écrit pour chaque réunion, sortie ou autre.

Article 13 : La durée de la société sera illimitée.

Article 14 : Les ressources de la société seront assurées par diverses subventions, dons, souscriptions volontaires, vente de cartes de membre honoraire, sorties, concours divers et loteries.

Article 15 : Les instruments, costumes (à l’exclusion de la chemise et du pantalon) seront à la charge de la société.

Article 16 : Tout abandon prématuré non motivé, toute restitution des instruments, costumes et divers non effectuées dans un délai de 15 jours après l’abandon ou le renvoi seront passibles de poursuites judiciaires.

 Changement de comité lors de l’assemblée générale du 14 décembre 1977

Président d’honneur : Mme Bonnefoy

Président : Ambroise Lecomte

Vice-président : Jacky Warnier

Secrétaire : Marcel Lelieux

Trésorier : Robert Pozzi

Membres : Antoine Laurent, Pierre Navaro, Roberte Abraham

 

Article Ardennais  11 janvier 1980

 

Depuis septembre 1975, et après une longue interruption, la batterie-fanfare municipale a pris le relais de l'harmonie, et elle compte une quarantaine de membres, dont une trentaine en tenue .

Voici la composition du comité :

Président : Lecomte Ambroise ; vice-président : Warnier Jacky ; trésorier : Lelieux Marcel ; chef de musique : Navaro Pierre.

Pour améliorer la formation des jeunes musiciens des cours de solfège sont prévus, si toutefois l'effectif s'avère suffisant.

Aussi est-il encore temps de se faire inscrire en Mairie, ou auprès d'un dirigeant, pour suivre ces cours qui seraient dispensés par M. Jacky Payon de Monthermé.

De la même façon, tout jeune (ou moins jeune) désireux de figurer au sein de la batterie-fanfare de Thilay sera le bienvenu.

 

Le déclin de la batterie-fanfare

Effectif au 14 janvier 1980 :

Lelieux Marcel, Bruno, Eric et Fabrice

16 janvier 80 : Ambroise Lecomte démissionne à compter du 1er mars 1980 pour raison de santé

2 octobre 1980 : tentative de reprise des répétitions

Début novembre 1980 : mise en sommeil

12 mars 1984 : Courrier du maire au président pour demande de bilan

31 décembre 1986 : réunion en mairie

 

 

 

 

Modification du comité lors de l’assemblée générale du 16 janvier 1987:

Président : Jacky Warnier

Secrétaire : Marcel Lelieux

Trésorier : Robert Pozzi

14 mai 1987 : instruments et tenues déposés chez Mme Lecomte et réintégrés en mairie

20 août 1987 : chèque de 7 270,30 F remis en mairie de Thilay qui transmet la somme à Marcel Lelieux, trésorier

14 décembre 1987 : Selon le souhait de Jacky Warnier, président et Marcel Lelieux, trésorier, le solde de la Batterie-fanfare est réparti de façon égale entre les sociétés locales suivantes : Football Thilay, APP La Truite , Tennis de table, Handball, Club bouliste, Soleil d’Automne, Jeunesse de Naux, RLS, Biche de la Semoy, Parents d’élèves , Gymnastique (660 F par société).

 

Témoignages :

Didier Laurent (né en 1963) et Freddy Laurent (né en 61) se souviennent :

On allait jouer à la fanfare des Hautes-Rivières ainsi que plusieurs jeunes, garçons et filles de Naux (Francisco Freitas, ….. Robinet) et Nohan (Mickaël et Catherine Beaudoin, Etienne Hubert, Olivier Briard). Michel Daumont était président et Roger Voisin, chef de musique. M. Bastien, à l’époque secrétaire de mairie à Thilay, emmenait les jeunes thilaysiens à Hautes-Rivières le jour des répétitions. Lors d’un rassemblement musical place Ducale à Charleville, un jour de forte chaleur, l’un de nos camarades musiciens eut un malaise, mais fut obligé de rester immobile car un jury notait la prestation de chaque fanfare.

Chez Noël Laurent, la musique, c’est en famille.

Ph. Maryse Laurent

Jacqueline Grégoire (épouse Devis) née  en 1959

Adolescente, Pascale Lecomte faisait partie du cercle de mes amies. J’acceptai donc la demande de son père Ambroise pour faire partie de la fanfare. J’appris le tambour puis un peu le clairon. Pour nous apprendre à marcher au pas, le chef nous faisait tourner dans la salle des fêtes, petite à l’époque.

Nous achetions le pantalon bleu marine, le reste était fourni par la société (tenue et instrument). Je me souviens avoir défilé à Tournavaux, à la Petite Commune et à Anchamps. Noël Laurent ouvrait la marche et dirigeait la formation. L’ambiance était très bonne, mais je fus embauchée à l’usine Thévenin dès l’âge de 16 ans (pour toute ma carrière professionnelle d’ailleurs) et je cessai la musique quelque temps après.

 

Philippe Pilard né en 1958

Je conserve en mémoire le jour où le Petit Noël des Paquis était venu trouver les parents pour leur demander l’autorisation d’inscrire leurs enfants sur l’effectif d’une fanfare en instance de création.

Le Petit Noël Laurent, époux de Maryse née Golinval, était grand par la taille, mais surnommé ainsi par les Thilaysiens afin de le différencier de son père Le Grand Noël domicilié rue Eva Thomé.

Le but de cette association était de proposer une saine occupation aux enfants de Thilay et des environs, le soir et pendant les vacances scolaires. Le projet se concrétisa en 1976. Mon frère Luc et moi avons fréquenté les répétitions avec bon nombre de nos copines et copains. Jean-Pierre Wastraete, beau-frère de Noël, s’occupait des tambours avec brio.

Les répètes avaient lieu dans la salle des fêtes de Thilay et l’apprentissage de la marche au pas dans la descente du pont. Les cérémonies officielles se déroulaient au village, dans les hameaux mais aussi dans d’autres villes lors de rassemblements départementaux. Le déplacement se faisait en voitures particulières grâce à la participation des musiciens adultes, des dirigeants et des parents qui suivaient les défilés derrière leurs protégés.

A cette époque, les enfants s’entassaient dans les voitures et le port de la ceinture de sécurité n’existait pas.

Parmi les musiciens extérieurs à la commune figuraient notamment les familles Warnier, puis ensuite Pledel d’Haulmé, les parents n’hésitant pas à apporter leur contribution matérielle pour assurer la bonne marche de la fanfare. 

Vincent Warnier (Haulmé)

Mes parents Jacky et Mauricette m’avaient inscrit à la Musique de Thilay. Tout jeune, j’ai été pris en charge par Jean-Pierre Wastraete qui m’initia au tambour. Les répètes avaient lieu à la salle de fêtes par le chef Noël Laurent. A l’approche des défilés, nous répétions tous en plein air près de l’ancien dépôt en haut des Eteignières. Je me souviens d’un rassemblement à Hargnies avec toutes les batteries ardennaises. L’aspect grandiose de la place et l’éclat d’un morceau joué par tous nous donnaient la chair de poule, c’était impressionnant.

Jean-Pierre Papier, né en 1968

Je jouai du tambour à Thilay dès mon plus jeune âge. Quand la fanfare de Thilay a cessé son activité, j’ai intégré la musique de Monthermé dont les membres effectuaient le ramassage en minibus sur la Semoy pour les répétitions du vendredi soir. A Monthermé, je jouais du tambour lors des défilés et de la batterie lors des concerts. Ainsi, j’ai participé à l’animation musicale de plusieurs repas des anciens à Thilay.

Au XIXème siècle, l’importance des sociétés de musique était de taille. Pour un village, posséder une harmonie était un indéniable symbole de vitalité. Dans notre département plus qu’ailleurs, l’impact des deux conflits mondiaux a été néfaste à la vie de tous les jours et par contre coup à la vie associative.

Dans les années 1960, des orchestres ont animé les bals de nos vallées. Citons entre autres Monard, Damperon, Scolari, le plus capé étant le Sedanais Ray Capri. Pendant quelques décennies, ces différentes formations ont contribué à l’animation des festivités organisées dans nos salles des fêtes et sur nos places publiques. On peut affirmer qu’elles sont à l’origine de multiples idylles d’un soir ou même d’une vie.

Et puis ne dit-on pas que la musique adoucit les mœurs ?

 

 

 

Documentation

-Articles du journal L’Ardennais

-Thilay, Pays des Basses Rivières (Club Soleil d’Automne)

-Editions Terres Ardennaises

- Documents des familles Cunin, Paris et Vanderkeelen

-Thilay d’Antan (Henry Bonnefoy)

 

Merci à toutes les personnes qui ont fourni photos, témoignages et documents.

Article paru dans le Bulletin Municipal n°35 de décembre 2017.