La mairie de Thilay

 

 LA MAIRIE DE THILAY

 

Dans la brochure Thilay, pays des Basses-Rivières, on peut lire :

Nous référant aux mémoires de Madame Ismérie Martinet, épouse Brouet, nous pouvons dire que vers 1840, existait une seule école servant en même temps de mairie au rez-de-chaussée et de logement de l'instituteur à l'étage. On a peine à imaginer que cette bâtisse aux petits carreaux que l'on peut encore voir de nos jours dans la Grand-rue ait pu abriter des enfants que l'on faisait sortir dès qu'il s'agissait de célébrer un mariage.

C'est là que Marguerite Martinet, tante d'Ismérie, allait à l'école.

 

 

 

C'est en février 1831 que le projet de construction d'une mairie fut abordé lors du Conseil Municipal du 5 février 1831 :

 

Vu le devis descriptif et estimatif des travaux à exécuter pour construction d'un bâtiment destiné à contenir une salle d'instruction publique et une mairie dans la commune de Thilay, ledit devis  dressé le 25 janvier 1831 par M. l'architecte du Département portant cette dépense à 10500f . Ensemble le plan dressé le même jour et le projet de cahier des charges,

Vu la délibération prise par le Conseil Municipal le 5 février présent mois, et par laquelle il adopte lesdits plans et devis, vote les fonds nécessaires et exprime le vœu que les travaux soient mis en adjudication,

Vu le budget de 1831 de la Commune de Thilay présentant les moyens plus que suffisants pour couvrir la dépense,

Considérant que la  Commune de Thilay éprouve un besoin pressant de maison commune et d'école, que la dépense à laquelle cette construction doit donner lieu est évaluée à 10 500 f 00 et n'est nullement disproportionnée avec son importance et  ses ressources,

Qu'après avoir employé cette somme au paiement des travaux, elle possèdera encore du fonds libre plus qu'il n'en faudra pour couvrir une autre dépense à faire pour la clôture du cimetière et la construction d'un fournil à la maison d'école dans la section de Nohan dépendant de cette commune.

 

En 1887, un nouveau projet de restauration de la mairie voit le jour.

Le Conseil Municipal de Thilay a décidé :

L'installation dans les locaux affectés anciennement à l'école des garçons d'un bureau de Postes et Télégraphes, avec logement pour le Directeur. (Rappelons que la construction de l'école de garçons a été votée en 1882 par le Conseil Municipal et l'école des filles sur la place a été construite en 1830).

D'après le programme arrêté, le passage à ciel ouvert existant sur le côté gauche du bâtiment sera fermé et couvert et renfermera l'escalier conduisant aux étages supérieurs. Une horloge publique sera disposée au-dessus de cette partie neuve qui formera l'entrée principale de l'édifice.

Le logement du Directeur se composera de trois pièces et d'une cuisine au rez-de-chaussée, la mairie et ses dépendances occuperont tout l'étage supérieur. L'ancienne cour des élèves, d'une superficie de 130 m2, sera convertie en jardin. Le devis ci-après donne le détail des travaux à faire dont la dépense est évaluée à la somme de 8 000 francs.

Avant la dernière guerre, le Avant la dernière guerre, lebureau de poste était donc installé au rez-de-chaussée de la mairie rue de la Naux. Sur les cartes postales anciennes, cette rue était appelée rue de la Poste. La façade portait l'inscription Poste et Télégraphe.

Le secrétariat de mairie était installé à l'étage. M. Jules Gesnot fut nommé secrétaire de mairie le 1er août 1945. Pendant des décennies, il accueillit les administrés après avoir ouvert sa beuquette dans la grande salle devenue salle des mariages et du Conseil Municipal. Le mot Mairie est toujours gravé dans le linteau en pierre de taille qui surplombe la porte d'entrée de gauche sous le clocheton.

Suite au départ de la poste, les locaux du rez-de-chaussée furent utilisés pour différentes activités, les cloisons intérieures ayant été supprimées. Seuls subsistaient les piliers cylindriques en métal.

 Geneviève Jadot, née en 1931, se souvient des séances de théâtre présentées par les enfants de l'école dans cette salle, grande pour l'époque. Les acteurs en herbe utilisaient le fond du couloir comme vestiaire. Michel Zucchi racontait parfois des histoires au public et interprétait des chansons telles que Jeanneton.

 Jean Vindot, né en 1938 : Je me souviens de scénettes préparées vers 1950 par M. et Mme Petit. M. Petit dirigeait alors l'école de garçons et son épouse l'école des filles près du pont. Le jour de la fête des écoles, écoliers et écolières se transformaient en comédiens devant les familles rassemblées dans la salle de la mairie au rez-de-chaussée. L'estrade était accolée au mur du fond et le vestiaire côté gauche.

Des troupes adultes se produisaient parfois ici. J'ai gardé en mémoire une pièce intitulée Un trou dans le mur ayant pour scénario une énigme policière.

Des bals animés par quelques musiciens locaux y eurent lieu ainsi que des galas de boxe. A cette époque, Marcel Leguay et son fils Jacky pratiquaient le noble art avec brio. Ils demeuraient face à la mairie, dans l'habitation devenue petite boutique, puis salle communale.

Les bureaux de la mairie s'installèrent ensuite au rez-de-chaussée et furent modifiés en mai 2003. Depuis cette date, 60 m2 supplémentaires gagnés sur l'ancien jardin ont permis d'améliorer l'espace de travail des secrétaires et la création du bureau du maire.

 

En ce qui concerne le bureau de poste, il fut décentralisé à l'angle de la rue des Ecoles dans une ancienne maison d'habitation construite vers 1890. A l'angle de la rue de la Motte et de la rue des Ecoles, le bâtiment fut longtemps une maison d'habitation. Achille Quillâtre, directeur d'école et sa famille furent les derniers occupants avant l'aménagement du bureau de poste, le logement étant sans doute resté vacant durant de longues années. Suzanne Stévenin fut nommée receveuse à Thilay et conserva ce poste jusqu'à la nomination de M. Balteaux. Née Gabet et originaire du Vouzinois, Suzanne avait épousé Fernand Stévenin, industriel à Hautes-Rivières.

 

Devant le bureau de poste en 1947 : A l'arrière-plan, Mme Stévenin, receveuse. A gauche, ses deux nièces. A droite, les parents Jadot et leurs enfants. Ph. Famille Jadot.

 

 

Henry Balteaux, né en 1918 et originaire de Gué d'Hossus, prit sa fonction de receveur en 1954. Le bureau du rez-de-chaussée comportait une salle d'accueil du public, un guichet et une cabine téléphonique.

Ce bureau de poste local a fermé définitivement fin novembre 2008, lui aussi victime des temps modernes et du maître-mot rentabilité.