Lieudits suite

La loi des finances du 15 septembre 1807 est à l'origine du cadastre parcellaire français appelé Cadastre Napoléonien ou encore Ancien cadastre, à la base de notre cadastre actuel.

L'ancien cadastre de Thilay, conservé en mairie, est dessiné sur du papier collé sur une toile épaisse. Il a été confectionné dans le département de l'Eure par la société Régent. Ce précieux document est encore utile dans certains cas litigieux, même si un cadastre ne présente pas de valeur juridique.

 

Couture : Il s'agissait autrefois d'un terrain cultivé, par opposition à la friche, aux prés ou encore aux bois. Issu du latin cultura, il s'est appliqué dès le Moyen-Age. Ainsi, plusieurs coutures existent dans le village :

  • A Nohan : Couture des Aizes, Couture d'en Haut (en amont du Faucon), Petite Couture (ancien moulin) et Couture de l'Ecaillère.
  • A Thilay : Couture d'en Bas, Petite Couture (au Baquet) et Couture de la Croix.

 

Rue de la Couture d'en Bas : Le Chemin de Naveaux à Thilay empruntait cette plaine alluviale cultivée avec un passage à gué sur la Semoie (orthographe de l'Ancien Cadastre).

 

Graviaux : Henry Bonnefoy, lorsque ses parents habitaient l'école des filles devenue salle des fêtes, jouait avec ses copains dans les Graviaux. En fait, les Graveaux d'en Bas et ceux d'en Haut existaient en aval et en amont du pont actuel. La ruelle de l'Eglise, avant d'être élargie, était située entre la Semoy et la place de l'Eglise.

 

Ruelle de la Poulie : cette ruelle débouche face à l'ancienne bâtisse mairie-école (actuellement rue Eva Thomé appelée autrefois Grande Rue) et conduit à la Semoy  en traversant les Graveaux d'en Haut. Pour traverser la rivière en l'absence de pont, il fallait passer le bac. Afin de ne pas dériver dans le courant, la barque était reliée au câble tendu entre les deux rives par une poulie. Pour progresser, le passeur prenait appui sur le fond de l'eau grâce à une perche en bois. Le Cadastre Ancien mentionne les deux débarcadères et le bac (voir ci-dessus).

 

Rue des Paquis : autrefois rue des Patis, du verbe paître, les animaux d'élevage étant alors très nombreux.

 

Wachelot : dérivé du mot eau. Ne dit-on pas marcher dans une wache d'eau ? Un ruisseau , à présent comblé, descendait dans le vallon et les mères de famille y allaient laver leur linge.

 

Soumont : le bois de Soumont (Sous le Mont) culmine à 290 mètres. La Semoy contourne cette colline escarpée entre Navaux et Haulmé. Surplombant la voie ferrée, Soumont était jadis le théâtre de feux de forêt causés par la locomotive à vapeur du Petit Train. Les ouvriers de l'usine Mangon accouraient alors, armés de pelles pour éteindre le feu.

 

L'Ecaillère : cette appellation a pour origine la présence d'anciennes carrières à ciel ouvert, les écailles étant les déchets d'ardoises, comme les Ecaillettes à Monthermé.

 

Le Rang de la Truie : ce vallon s'étendait entre la clairière des Six-Chênons (altitude 450 m) et le ruisseau de l'Ours (300 m). Une maison forestière a existé dans ce vallon. Précisons que la rang désignait jadis la cabane à cochon.

 

Blossette : Ce col (211 m) symbolise le trait d'union entre les vallées de Meuse et Semoy. La blossette désigne une petite balosse en patois local, c’est-à-dire une petite prune.

 

Etriots : Les Triots en réalité. Pourquoi ?

En Ardennes, le triot était une sorte de terrain de faible fertilité ou en friche qui servait accessoirement au pâturage. Jadis, de nombreux jardins potagers surplombaient la fontaine de la Roche à Thilay. Quelques-uns sont encore cultivés de nos jours.

 

Cul du Pré : Le Cul du Pré et l'Ile d'Egypte étaient desservis par le chemin de la Bouche du Ru qui rejoint à présent la Trans-Semoysienne au petit pont. L'Ile d'Egypte doit son nom aux événements internationaux de l'époque : Madagascar à Laifour ou à Bogny-sur-Meuse en sont d'autres  exemples.

 

Cul de Newet : ce lieudit concerne la boucle du Faucon.

 

Rue du Baquet : Autrefois, le chemin de Thilay à Naux longeait la Semoy en contournant la Petite Couture et empruntait le gué face au lieudit  Minet qui marque l'entrée des Longs Champs, face au Val de Semoy.

Origine du mot Baquet : ou endroit de baignade (se baquer), ou rapport avec le bac, ou encore avec le baquet, récipient en bois utilisé autrefois pour faire la lessive.

 

Rue de la Motte : Existence d'une motte féodale sur les hauteurs, là où est implanté le cimetière actuel.

 

Rue de la Butterie : Cet endroit désignait une briquetterie, l'argile extrait à proximité étant cuit dans un four pour obtenir des briques de construction.

 

Quartier du Centre, décrit par Henry Bonnefoy :

Autrefois, en haut de la rue Eva Thomé, le Gros Chêne. A droite du Gros Chêne, le Baquet, plage villageoise avec le Gros Caillou, planté au milieu des eaux. L'ensemble s'appelait Buiron (usine) où fut montée une passerelle de bois en 1940. En amont, la Semoy véhicule peu d'eau et à la Vanne, on peut la traverser pédestrement, les prairies qui la bordent font partie des Longs Champs.

L'ancienne gare du Petit Train est dominée par une petite colline : la Hayette, qui s'épanouit dans la Roche, jadis sous les eaux. La Route du Tir y débute et se prolonge par la route des Etanires (vers le Roc la Tour). Elle passe par Toubline, le dortoir des morts. Derrière le cimetière, le ru Desnigel descend en cascade dans l'étang Mangon, traverse souterrainement l'usine puis une partie du pays et des prés qui lui font suite pour devenir parfois un filet d'eau et finalement se jeter dans sa mère la Semoy à la Bouche du Ru, en face de Navaux, la voie du chemin de fer lui étant parallèle.

Avant son entrée dans le village, le train annonce son arrivée par un long coup de sifflet au Pré de l'Alphonse, situé juste sous la vieille fontaine. A son arrivée route de Blossette, un chemin monte à Soumont, carrefour boisé où se retrouvent trois directions.