L'auberge du Loup

L'Auberge du Loup

 

Une maison longtemps emblématique de la vie dans la val­lée de la Semoy a disparu sous les assauts d'une pelleteuse. L'auberge du Loup, située au col du même nom (altitude : 383m) était littéralement à la croisée de quatre communes. Située sur la route reliant Nouzonville aux Hautes-Rivières, elle était à l'intersection de la route de Thilay et de celle d'Haulmé.

 

L'auberge du Loup. Ph. M. Husak

C'est d'ailleurs sur le territoire d'Haulmé que se situait administrativement cette ancienne auberge, explique Erik Pilardeau, le président de la Communauté de Communes Meuse et Semoy. En ruines depuis longtemps, elle était encore une propriété privée, appartenant à une indivision. La communauté de communes l'a rachetée, préférant cette formule plutôt que la procédure d'un arrêté de péril, plus contraignante. Une fois rachetée, nous l'avons fait démolir, pour éviter tout risque et améliorer en même temps l'environnement, car c'était devenu un véritable dépotoir. La nature va reprendre ses droits. Il n'est pas question d'y faire une aire de pique-nique, car le terrain, situé en plein carrefour, est trop dangereux. Avec le Conseil Général, nous allons installer des glissières de sécurité et empêcher les dépôts sauvages.

Entre Thilay et Nouzonville, les voyageurs pouvaient faire halte à l'auberge du Loup qui fut autrefois une maison cantonnière. Tenue pendant de nombreuses années par la famille Lerouge, cette auberge était située sur le territoire d' Haulmé à quelques pas de la limite avec Thilay.

Pauline Dominé et Joseph Couilfort. Ph. M. Husak

 

La famille Lerouge en 1937. Ph. Ch. Thiéry

Sur la pancarte au-dessus de la porte, on peut lire :

Département des Ardennes

Service vicinal

Maison du Cantonnier

Secours aux voyageurs

 

Pauline Dominé et son époux Joseph Couilfort ont  tenu l'Auberge du Loup jusqu'aussitôt 1900. Ils ont ensuite ouvert un café 3, Grand-rue à Thilay puis un autre  à Nohan rue de la Semoy (actuellement maison de Claude et Françoise Brouet).

Sur  cette  photo  de   1904 figurent Joseph Couilfort (en médaillon) et au centre, Pauline Dominé son épouse. La mère de Joseph, Pélagie Bourguignon, était originaire de la Dauphiné.

Les archives de la brasserie Alexandre mentionnent des livraisons de bière à la famille Couilfort-Dominé en 1901 et 1902, et à la famille Lerouge-Colas de 1908 à 1912.

 L'auberge du Loup a ensuite été cédée à Jules Lerouge né en 1879, cantonnier, et dont l'épouse Adèle Clémence Colas était née en 1882. De septembre 1945 à septembre 1977, Jean Lerouge (né en 1903 au Loup), cantonnier également, et son épouse Charlotte Delloux leur ont succédé. Leurs cinq filles, Yvette, Jeanine, Monique, Francine et Annie résident toutes dans les Ardennes.

 

Jean et Charlotte Lerouge-Delloux. Ph. Yvette Lerouge

Le dimanche, à la belle saison, les habitants de Thilay allaient faire une "boule" au Loup avant de déguster une omelette au lard dans un cadre verdoyant. Parfois, la partie de boules se prolongeait très tard et redescendre de nuit le raidillon de Navaux avec des "souliers à bascule" relevait de l'exploit sportif. Peu importe ! Tôt le lendemain, après quelques heures d'un sommeil réparateur, chacun attaquait sa semaine à la "boutique".

 

 

L'auberge du Loup en 1937. Ph. Ch. Thiéry